L'Irak se lance dans de longues tractations gouvernementales

15/05/18 à 13:13 - Mise à jour à 13:14

Source: Belga

(Belga) Le chef nationaliste chiite Moqtada Sadr a lancé des tractations pour la formation d'un nouveau gouvernement en Irak après des législatives qui ont débouché sur un rejet de la classe politique, inamovible depuis la chute de Saddam Hussein en 2003.

En s'abstenant en masse et en plaçant deux listes d'outsiders en tête, les Irakiens ont envoyé un message clair: il faut du "changement", des "nouvelles têtes" au pouvoir. La liste du populiste Moqtada Sadr allié aux communistes l'a emporté, selon des résultats quasiment définitifs, suivie par celle des anciens du Hachd al-Chaabi, ces forces supplétives cruciales dans la lutte contre les djihadistes. Moqtada Sadr semble donc tout désigné pour décider de la forme que prendra le futur gouvernement. Mais pour empêcher tout retour à la dictature, l'Irak de l'après-Saddam Hussein a mis un point d'honneur à calibrer un système complexe qui parcellise le Parlement. Chaque élection législative est ainsi suivie de longues tractations pour former une majorité gouvernementale et des listes arrivées en tête se sont déjà retrouvées écartées par le jeu des groupes parlementaires. Ces nouvelles négociations s'annoncent d'autant plus compliquées que les deux puissances agissantes en Irak, les Etats-Unis et l'Iran, sont à couteaux tirés du fait du retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien. En outre, la personnalité et le parcours de Moqtada Sadr pose autant problème à Washington qu'à Téhéran. Les Américains se rappellent en effet de sa puissante milice, avec laquelle ils avaient croisé le fer dans la foulée de l'invasion de 2003. Les Iraniens n'oublient pas les positions antagonistes que ce descendant d'une lignée de dignitaires religieux, opposants respectés, a régulièrement prises, comme sa visite chez l'ennemi juré de l'Iran, l'Arabie saoudite. Pour ce premier scrutin depuis la victoire proclamée sur le groupe terroriste Etat Islamique, la participation a été de 44,52%, la plus basse depuis la chute de Saddam Hussein. Les résultats définitifs du scrutin n'ont pas encore été annoncés, laissant libre cours aux spéculations. (Belga)

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