L'impôt doit être plus progressif, mais comment y parvenir?

27/10/13 à 15:40 - Mise à jour à 15:40

Source: Le Vif

La progressivité de l'impôt était l'enjeu principal du débat de l'émission télévisée Mise au Point, consacrée dimanche sur la RTBF à la réforme fiscale pressentie pour la prochaine législature. Tous les partis parlent d'accentuer cette progressivité, mais ils divergent sur les façons d'y parvenir.

L'impôt doit être plus progressif, mais comment y parvenir?

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Pour Ahmed Laaouej (PS), la charge fiscale doit être atténuée sur les bas et moyens revenus en augmentant la quotité exemptée d'impôt. Cette part non taxée du revenu imposable pourrait être relevée pour les personnes gagnant moins de 25.000 euros par an. Actuellement, la quotité exemptée (6.800 euros) est majorée de 270 euros pour les bas revenus, ce qui représente un gain en poche d'une cinquantaine d'euros pour le travailleur concerné. Le PS veut augmenter cet allégement.

Le député bruxellois Benoît Cerexhe (cdH) a également appelé à "travailler sur la quotité exonérée" et à "aller au-delà du plafond de 25.000 euros". Pour le centriste, il faut aussi "que la classe moyenne paie moins d'impôt". Le taux supérieur de 50% est trop rapidement atteint, dès 37.000 euros de salaire annuel, a-t-il dit.

Du côté libéral, Jean-Luc Crucke a plaidé pour une suppression de deux tranches d'impositions (celles à 35% et à 45%), pour ne laisser subsister que trois taux: 25%, 40% et 50%. Cette mesure permettrait d'augmenter la progressivité car "aujourd'hui très rapidement on paie beaucoup d'impôt", a-t-il expliqué à Belga.

La proposition a été rejetée par M. Laaouej, selon qui elle bénéficiera aux hauts revenus. Le sénateur socialiste a aussi critiqué l'"électrochoc fiscal" prôné par le MR, qui promeut un allégement fiscal global de 5 milliards d'euros. Pour lui, il est faux de prétendre qu'une telle réforme puisse être budgétairement neutre. Le centre d'étude Jean Gol du MR a fourni un travail "particulièrement indigent" et même "irresponsable", a-t-il dit.

Le secrétaire-générale de la FGTB, Anne Demelenne, a elle aussi mis en doute la neutralité budgétaire de la réforme du MR. En out état de cause, l'effet retour mettra du temps à se matérialiser, tandis que les baisses d'impôt devront être financées immédiatement, a-t-elle dit.

Le syndicat socialiste veut "globaliser" la perception de l'impôt, afin que la progressivité s'applique non seulement aux revenus du travail, mais aussi aux revenus du capital. Pour y parvenir ceux-ci devront être plus transparents. Actuellement, "on, a toute une information sur les revenus du travail, mais on ne sait presque rien des revenus du capital", a-t-elle dit, appelant à un "global tax-on-web".

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