L'idée du permis à points fait son chemin

05/01/15 à 16:13 - Mise à jour à 16:12

Source: Belga

Le sentiment du Belge moyen en matière de sécurité sur les routes reste relativement stable au fil des ans, est-il ressorti lundi de la troisième enquête nationale sur le sujet de l'Institut belge pour la sécurité routière (IBSR). Entre 0, soit "très en sécurité", et 9, soit "très en insécurité", les 2.100 usagers de la route interrogés situent leur sentiment personnel à 4,6 en 2014, contre 4,7 en 2013 et 5 en 2012. A noter que la marge d'erreur du sondage est plus importante en 2014.

L'idée du permis à points fait son chemin

Jacqueline Galant. © Belga

Les usagers faibles, motocyclistes, cyclistes ou cyclomotoristes, ont sans surprise une impression d'insécurité plus marquée. L'IBSR a noté dans les chiffres un point positif concernant les conducteurs de cyclomoteurs, dont le sentiment de sécurité s'est régulièrement amélioré durant les deux dernières années, passant de la note de 6 (2012) à moins de 4,5 (2014). Les usagers les plus "à l'aise" sont les piétons, de peu devant les automobilistes et les passagers des voitures.

Tous pointent comme principales sources de danger la vitesse excessive, devant les problèmes d'infrastructure, un comportement de conduite dangereux et le fait de conduire sous influence de l'alcool ou de drogues. Des disparités apparaissent toutefois en fonction de l'âge: les jeunes (16-35 ans) semblent craindre bien moins que les autres les excès de vitesse, alors que cette "génération BOB" cite bien plus souvent que ses aînés la conduite sous influence comme source d'insécurité. Les moins de 35 ans se sentent par ailleurs un peu plus en sécurité dans la circulation que les plus âgés, alors qu'ils adoptent précisément un comportement plus dangereux sur les routes.

"L'idée du permis à points progresse petit à petit" parmi les changements envisagés par la population pour améliorer la sécurité de tous les usagers, a indiqué Benoit Godart, porte-parole de l'IBSR. Une des mesures les plus populaires est également une multiplication des contrôles relatifs à l'alcool. Une majorité de répondants adhère à toutes les propositions présentées, du port obligatoire d'un gilet fluorescent à la mise en place de campagnes choc, sauf deux: une éventuelle zone 30 généralisée en agglomération, ainsi que la possibilité pour les cyclistes de passer au rouge en cas de panneau adéquat. Ces pistes sont rejetées par la plupart des répondants. Parmi ceux-ci, les seniors semblent particulièrement demandeurs d'une interdiction absolue de téléphoner au volant ou d'utiliser des écouteurs.

Selon la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant, un total de 40 millions de contrôles routiers (alcoolémie ou vitesse) sera effectué durant la législature en cours, soit jusqu'en 2019. La Belgique "a déjà parcouru un long chemin en matière de sécurité routière", rappelle-t-elle, tout en soulignant que le pays continue malgré tout à afficher des résultats moins bons que ses voisins. En 2012, la Belgique comptait 70 tués sur les routes par million d'habitants, contre 34 aux Pays-Bas, ou 44 en Allemagne.

Les préférences du Belge en matière de transports se confirment, la voiture conservant sa première place incontestée en Wallonie et en Flandre, citée par respectivement 66% et 57% des répondants comme leur mode de déplacement principal. La camionnette fait une étonnante percée au fil du temps, note l'IBSR, sans doute à la suite de l'essor des ventes par internet.

En savoir plus sur:

Nos partenaires