L'homme qui "a failli casser Internet" jugé par la justice néerlandaise

31/10/16 à 19:01 - Mise à jour à 19:02

Source: Belga

(Belga) Le procès d'un Néerlandais soupçonné d'être impliqué dans une cyberattaque ayant ciblé en mars 2013 l'entreprise européenne recensant les spams, Spamhaus, devrait s'ouvrir mardi devant le tribunal de Dordrecht, a indiqué la justice néerlandaise. Surnommé l'homme qui "a failli casser Internet", Sven Kamphuis ne se présentera toutefois pas mardi, a-t-il annoncé au journal populaire AD.

"Ce sont des absurdités", a déclaré le Néerlandais de 39 ans, réclamant 102 millions d'euros de dédommagements à l'Etat néerlandais. Extradé à l'époque par l'Espagne vers les Pays-Bas, le suspect, qui indique sur sa page Facebook vivre dans le sud de l'Espagne, est désormais libre. En cas d'absence, "son avocat peut parler pour lui" et donc le représenter, a précisé lundi la porte-parole du tribunal, Lily Derksen. Accusé d'avoir mené une attaque dite de "déni de service" (DDOS) contre Spamhaus, M. Kamphuis avait été interpellé environ un mois après les faits près de Barcelone sur demande du parquet néerlandais. Son domicile, un véritable "bunker informatique" selon la police espagnole, avait été perquisitionné et des ordinateurs et téléphones portables avaient été saisis. Le prévenu se présente sur les réseaux sociaux comme "le ministre des Télécommunications et des Affaires étrangères de la république Cyberbunker". Spamhaus, qui publie des "listes noires" d'adresses de spams dont se servent les messageries pour filtrer les mails indésirables, avait subi pendant plusieurs jours un piratage à grande échelle. Le groupe basé à Genève avait pointé du doigt le site internet néerlandais Cyberbunker, qu'il venait de placer sur liste noire. Cyberbunker s'était plaint d'être présenté par Spamhaus comme un paradis de la cybercriminalité et des spams. Se déclarant non coupable, le prévenu a assuré à l'AD que l'auteur de la cyberattaque est un jeune Britannique soutenu par les Russes. Selon des experts, les attaques menées contre Spamhaus ont consisté à inonder les serveurs de Spamhaus avec 300 gigabytes de données par seconde, contre 50 gigabytes pour les précédentes attaques de ce genre à l'époque. L'attaque DDOS, qui se traduit par un nombre très élevé de demandes de connexions non sollicitées qui finissent par bloquer un site, avait également été menée contre des partenaires de Spamhaus aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne. (Belga)

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