L'ex-président philippin Ramos démissionne de ses fonctions auprès de Duterte

02/11/16 à 07:03 - Mise à jour à 07:06

Source: Belga

(Belga) L'ex-président philippin Fidel Ramos a démissionné de son poste d'émissaire spécial auprès de la Chine après avoir critiqué les tirades du nouveau président Rodrigo Duterte contre Washington et sa sanglante guerre contre le crime.

Le chef de l'Etat philippin a lui même annoncé mardi soir la démission de ce vétéran de 88 ans de la politique locale, qui joua dans les années 1980 un rôle crucial pour retourner l'armée contre le dictateur Ferdinand Marcos, avant de devenir président de 1992 à 1998. Depuis l'investiture de M. Duterte fin juin, il avait été un allié précieux de l'avocat controversé de 71 ans, dont la politique de lutte contre la criminalité a été condamnée pour sa violence par de nombreuses capitales étrangères. M. Duterte a indiqué à la presse qu'il était justement en désaccord avec son prédécesseur sur ce sujet, ainsi que sur la relation avec les Etats-Unis: "Je sais qu'il est pro-américain", a déclaré M. Duterte, "c'est un militaire qui a terminé ses études à West Point. Il ne veut vraiment pas se battre" avec les Etats-Unis. Jusqu'à la prise de fonctions de M. Duterte, Manille était l'un des alliés les plus importants et les plus fidèles des Etats-Unis en Asie. Les Philippines étaient également un maillon clé de la politique du "pivot" vers l'Asie chère au président américain Barack Obama. M. Ramos avait été nommé émissaire spécial auprès de la Chine pour aider la reprise des relations avec Pékin, après des années de crispations liées notamment au profond contentieux frontalier en mer de Chine méridionale. M. Ramos s'était rendu en août à Hong Kong pour tenter de briser la glace. Mais il n'était pas le mois dernier du premier voyage à Pékin de M. Duterte, qui a entériné une nette amélioration des relations sino-philippines. M. Ramos a affirmé à la chaîne GMA7 qu'il avait démissionné parce qu'il considérait avoir rempli sa mission. Les propos de Duterte laissent au contraire entrevoir un désaccord beaucoup plus profond avec M. Ramos, qu'il a par le passé de nombreuses fois remercié pour son soutien. M. Ramos est une des rares figures politiques philippines de premier plan qui ait ouvertement critiqué la brutalité de la guerre contre la criminalité de M. Duterte, qui a déjà fait plus de 4.000 morts, ainsi que le refroidissement des relations avec Washington. "Sommes nous en train de renoncer à des décennies de partenariat militaire, de coordination tactique, (...) à la compatibilité de notre armement et à la camaraderie entre soldats juste comme ça?", interrogeait M. Ramos en octobre dans une tribune. (Belga)

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