L'état alarmant de l'armée belge

16/07/14 à 11:39 - Mise à jour à 11:39

Source: Le Vif

À quelques jours du défilé militaire organisé pour la fête nationale, l'état de l'armée belge est alarmant. Les économies réalisées sur plusieurs années nuisent à son moral. "Nous perdons de l'influence politique".

L'état alarmant de l'armée belge

© Imagedesk

Depuis la chute du Mur de Berlin, le nombre de militaires en Belgique est en chute libre. Si en 1994 les forces armées comptaient encore plus de 47 200 hommes, à l'heure actuelle il n'en reste plus que 31 000 et ce nombre devrait continuer à baisser. Les prévisions positives tablent sur 25 000 effectifs d'ici 2025. Selon Alexander Mattelaer, spécialiste en défense à la VUB, cette baisse "entraînera inévitablement d'importants changements de structure. Moins de soldats signifient moins d'unités, et moins d'unités signifient également qu'il faut moins de casernes. Cela entraîne des tensions entre le monde politique et la hiérarchie militaire".

Le vieillissement constitue le plus grand problème de l'armée. Celui-ci touche plus rapidement l'armée que le reste de la société, car généralement une carrière militaire commence tôt et les militaires partent à la pension autour de leurs 56 ans. À l'heure actuelle, le soldat belge a 40 ans et sept mois en moyenne. Outre une forte réduction des forces armées, ce vieillissement fait augmenter les dépenses liées aux pensions, ce qui met d'autres budgets en péril. L'année dernière, un expert en défense anonyme a qualifié l'armée belge de "fonds de pension singulièrement bien armé". Le ministre de la Défense Pieter De Crem (CD&V) espère raccourcir la carrière militaire grâce au nouveau statut de personnel qui entre en vigueur début 2015. Il y aura notamment un système d'évaluation destiné à tester l'état d'alerte physique des militaires.

Mattelaer estime que la politique belge doit décider d'urgence quelle armée elle souhaite conserver. "Si nous voulons maintenir des forces armées largement mobilisables pour assurer la sécurité des prochaines générations, il faudra inévitablement investir" dit-il. L'expert met également en garde contre la spécialisation à l'extrême.

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