L'épreuve d'histoire du CESS annulée: et maintenant?

15/06/15 à 19:34 - Mise à jour à 16/06/15 à 08:08

Source: Belga

La ministre de l'Education Joëlle Milquet a annoncé lundi en fin de journée l'annulation de l'épreuve externe d'histoire sur la compétence 3 : "synthétiser" un thème sur la base d'un portfolio de documents remis normalement lors de l'épreuve. Que va-t-il se passer ce mardi dans les écoles?

L'épreuve d'histoire du CESS annulée: et maintenant?

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Cette épreuve externe d'histoire a lieu dans le cadre d'épreuves standardisées d'histoire auxquelles sont soumis les élèves de sixième année secondaire en vue de l'octroi du Certificat d'Enseignement Secondaire Supérieur. L'évaluation des trois autres compétences en histoire n'est pas concernée par cette annulation, a-t-elle précisé. Selon Mme Milquet, cette décision a été prise à la suite de la divulgation, sur les réseaux sociaux, de l'ensemble de l'épreuve d'histoire qui devait avoir lieu mardi concernant la compétence 3. La ministre de l'Education a dénoncé à ce sujet "l'irresponsabilité des auteurs de ces fuites".

Le chaos dans les écoles

Joëlle Milquet a précisé lundi soir que la manière alternative d'évaluer cette compétence 3 d'histoire sera précisée ce mardi aux établissements scolaires. En attendant, ce mardi matin, la situation est des plus floues dans les écoles qui ont été prévenues par circulaire tard lundi soir de l'annulation de l'épreuve en question. Aucune décision n'a encore été prise comme alternative. Ce sont aux établissements à décider au cas par cas selon leur organisation interne. De nombreux élèves ne savent donc pas à l'heure d'écrire ces lignes s'ils doivent se déplacer ou rester chez eux. La manière d'évaluer l'examen n'est pas encore non plus établie. Dans certaines écoles, cette épreuve est la seule manière d'évaluer les élèves pour cette matière alors que dans d'autres établissements, d'autres formes d'évaluation sont organisées explique la RTBF. Les établissements scolaires peuvent aussi produire une cote en se basant sur les travaux et les évaluations de l'année. Ce sera alors aux professeurs de trancher lors du conseil de classe.

La participation à cette partie de l'épreuve d'histoire de mardi était obligatoire pour les élèves inscrits en 6e générale et 6e technique/artistique de transition. Cette partie externe commune consistait en la rédaction d'une synthèse sous la forme d'un texte au départ d'une question et d'un dossier documentaire inédit portant sur une thématique liée aux problèmes et enjeux de notre temps.

Au-delà de la mobilisation des savoirs conceptuels, l'épreuve 2015 nécessitait également la maitrise des savoirs relatifs aux mouvements terroristes dont les attentats ont frappé de nombreux pays d'Europe entre 1960 et 1990. En cas de réussite à l'épreuve externe, le conseil de classe aurait considéré que l'élève a atteint la maitrise de cette compétence.

Joêlle Milquet a par ailleurs annoncé qu'elle déposera plainte contre X sur la base de la violation du secret professionnel. Elle exigera par ailleurs de l'administration, l'organisation d'autres méthodes de transmission désormais sécurisées.

"La crédibilité du système est en jeu"

L'annulation de l'épreuve d'histoire de mardi à la suite de la divulgation de la question sur les réseaux sociaux est pour la CSC et la CGSP une "bonne décision" en vue de maintenir l'équité entre les élèves. Pour les syndicats, c'est maintenant la crédibilité des épreuves communes externes qui est en jeu.

"Pour organiser des épreuves communes externes, il faut tout mettre en oeuvre pour empêcher la triche. C'est inquiétant de voir la manière dont on gère cela", indique Raymond Marchand de la CSC Enseignement. Pour lui, la "crédibilité du système" est remise en cause. "Ce type d'évènements se multiplie et est amplifié par les réseaux sociaux", regrette Pascal Chardome, président de la CGSP Enseignement. "Une épreuve externe doit aller de pair avec un maximum de confidentialité et de discrétion, ainsi qu'avec une rigueur dans la passation et la correction", poursuit-il.

Les deux représentants syndicaux saluent la décision d'annuler l'examen de mardi, soit une partie de l'épreuve d'histoire. "C'est la solution la plus équitable pour les rhétoriciens", note Raymond Marchand.

Du côté des établissements, le Secrétariat général de l'enseignement catholique souligne que la ministre de l'Éducation Joëlle Milquet n'avait pas d'autre choix que de supprimer la partie de l'épreuve. "Il s'agit d'un acte inacceptable, la ministre a pris la seule décision qui était à prendre", signale Conrad van de Werve, directeur de la communication du Segec.

Ecolo veut une réunion d'urgence de la commission Education

Par la voix de son chef de groupe au parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles, Christos Doulkeridis, Ecolo a demandé lundi soir une réunion d'urgence de la commission Education "à la suite du chaos provoqué par la divulgation de l'ensemble des épreuves de l'examen d'histoire et la décision consécutive de la ministre de l'Education Joëlle Milquet" d'annuler quelques heures avant l'examen l'épreuve externe sur une des compétences du cours d'histoire relative au CESS.

"Tous les élèves concernés se retrouvent ce soir sans savoir comment et s'ils vont être évalués demain matin. La ministre a déclaré que l'épreuve du CESS ne concernait qu'une des quatre épreuves de l'examen. Or, il apparaît que certaines écoles n'avaient rien prévu d'autre que l'épreuve du CESS. A 20h, l'ensemble des écoles semblent incapables de répondre à l'interrogation légitime des élèves de savoir ce qui se passera demain matin. Si l'examen est purement et simplement annulé, comment les élèves en échec jusqu'à présent pourront-ils avoir une chance de récupérer leur retard? Si un examen est prévu, sur quoi portera-t-il dès lors que ce qui avait été annoncé dans la plupart des cas est supprimé?", a interrogé l'élu écologiste.

Pour Christos Doulkeridis, cette situation chaotique est totalement choquante pour des milliers d'élèves. La clarté doit être faite le plus rapidement possible. C'est la raison pour laquelle le groupe Ecolo demande une réunion en urgence de la Commission Education du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour interpeller la ministre sur ce dossier, a-t-il justifié.

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