L'éditorialiste néerlandaise Ebru Umar autorisée à quitter la Turquie

11/05/16 à 00:20 - Mise à jour à 00:20

Source: Belga

(Belga) Ebru Umar, l'éditorialiste néerlandaise d'origine turque interpellée le 23 avril en Turquie pour avoir critiqué le président Erdogan et retenue dans le pays depuis lors, est en route pour les Pays-Bas, a annoncé mardi soir le ministre néerlandais des Affaires étrangères.

L'éditorialiste néerlandaise Ebru Umar autorisée à quitter la Turquie

L'éditorialiste néerlandaise Ebru Umar autorisée à quitter la Turquie © BELGA

"La journaliste Ebru Umar est autorisée à revenir aux Pays-Bas", a déclaré Bert Koenders dans un communiqué. "La Turquie a levé mardi l'interdiction de voyager" qui la frappait, a-t-il ajouté. "Il reste à voir si elle sera poursuivie" en Turquie, a ajouté M. Koenders. Ebru Umar, athée et féministe connue, avait été interpellée pour avoir insulté le président turc Recep Tayyip Erdogan, dans la nuit du 23 au 24 avril chez elle à Kusadasi. Mme Umar, âgée de 45 ans, a été libérée après 16 heures de détention, mais elle ne pouvait quitter le pays, et devait se présenter à la police deux fois par semaine. Ebru Umar avait récemment rédigé une chronique très critique de l'homme fort de Turquie dans le quotidien néerlandais Metro. Dans cet article, elle citait notamment, à l'appui de ses accusations contre M. Erdogan, un courriel envoyé par le consulat général turc de Rotterdam aux Turcs habitant cette région et qui leur demandait de lui signaler toute insulte exprimée sur les réseaux sociaux à l'encontre du chef de l'Etat turc. Ce courriel avait provoqué une controverse. Le consulat avait par la suite parlé d'un "malentendu". "A tous les 'néerlanturcs' qui soutiennent l'appel du consulat turc et comptent jouer les petits gestapistes sur ce que les Néerlandais disent du sultan Erdogan, le dictateur le plus mégalomane que la Turquie ait connu depuis l'instauration de la république en 1923, je n'ai qu'une chose à dire: go fuck yourself (sic)", écrivait ainsi Ebru Umar. Les procès pour injure envers M. Erdogan se sont multipliés depuis son élection à la tête de l'Etat en août 2014, signe, selon ses détracteurs, d'une dérive autoritaire. Près de 2.000 procédures judiciaires ont été lancées en Turquie, visant aussi bien artistes et journalistes que simples particuliers. Les sanctions prononcées pour ce délit se limitent dans la plupart des cas à des peines de prison avec sursis, mais une femme a été condamnée le 20 janvier à onze mois de prison ferme pour un geste obscène à l'encontre de M. Erdogan lors d'une manifestation en mars 2014. (Belga)

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