Soraya Ghali
Soraya Ghali
Journaliste au Vif/L'Express
Opinion

03/09/12 à 12:24 - Mise à jour à 12:24

L'école n'a pas besoin de promesses

Alors que, ce matin, 500 000 élèves sont rentrés en primaire, cette école va-t-elle bien ? Que fait-on pour elle, cette école qui enseigne les savoirs fondamentaux ? Des décrets et des projets ambitieux ont été lancés... On attend - à moyen terme - les premiers résultats, les premières bonnes nouvelles.

L'école n'a pas besoin de promesses

© Thinkstock

Car "partir de la base", comme le clame la ministre de l'Enseignement fondamental, Marie-Dominique Simonet (CDH), c'est bien parce qu'il est plus facile de lutter contre l'échec scolaire et les inégalités sociales à la base. Epinglons ainsi l'opération "Décolâge" qui cible les 2,5 ans-8 ans (lire l'interview ). Il s'agit de proposer aux enseignants des alternatives, des nouvelles pratiques au redoublement, notamment en leur offrant des nouveaux outils. A long terme, on espère que "Décolâge" rejaillira sur tout le primaire. Parce qu'on est convaincu que la diminution du redoublement va de pair avec l'amélioration de la qualité de l'enseignement. Dès cette rentrée également, la taille des classes est légèrement réduite (c'est un début), et des plafonds empêcheront de constituer des groupes à taille XXL.

Désormais, c'est 20 élèves par instituteur en 1ere et 2e primaire, et de la 3e à la 6e, la règle sera de 24 élèves par instituteur. Dans les faits, il ne sera évidemment pas possible de dédoubler une classe dès qu'elle dépasse la norme fixée. Ce serait impayable. Des classes dépasseront donc les seuils. Mais on a fixé des maxima à ne pas dépasser (avec un plafond de 24 les deux premières années, puis 28 au maximum).

Ces actions politiques ne sauraient toutefois masquer les imperfections d'un système qui laisse sortir 15 à 20 % des écoliers avec des acquis fragiles. Des efforts doivent encore être faits. Ils doivent cibler la création de nouvelles places, notamment des classes (toutes saturées) pour les élèves primo-arrivants. Près de 60 % sont installés à Bruxelles, et leur nombre va augmenter : le besoin est criant. On évoque encore deux promesses du gouvernement : un système de remédiation immédiate aux élèves en difficultés, et généraliser un vrai tutorat des jeunes instits par des profs expérimentés (là, on attend toujours...).

L'école mérite mieux que des annonces d'avant-campagne électorale. Elle mérité du temps et du concret.

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