L'avenir de la Sûreté de l'Etat au coeur du débat

13/02/13 à 09:28 - Mise à jour à 09:28

Source: Le Vif

L'avenir de la Sûreté de l'Etat est commenté dans les milieux politiques alors que l'institution se trouve au centre de l'actualité ces dernières semaines après la fuite de plusieurs rapports et la mise au jour d'informations concernant des élus.

L'avenir de la Sûreté de l'Etat au coeur du débat

© Image globe

Le député sp.a Renaat Landuyt plaide mercredi dans le Morgen en faveur de la suppression de la Sûreté. Enquêter dans le plus grand secret contre les menaces d'Etats ennemis n'est plus de ce temps et la lutte contre le terrorisme est un travail d'enquête qui doit relever du Parquet fédéral, estime-t-il.

Embrayant sur ces informations, le sénateur PS Philippe Moureaux se montre également critique vis-à-vis de la Sûreté. "J'en ai été responsable comme ministre de la Justice et je n'ai jamais eu beaucoup de respect pour ces gens-là, qui travaillent le plus souvent sur base de rumeurs et qui se laissent aller à de petits jeux", indique-t-il.

Le chef de groupe PS au Sénat, Philippe Mahoux, ne partage cependant pas ce point de vue. "C'est une appréciation qui date peut-être", a-t-il indiqué sur La Première (RTBF).

La Sûreté a pour objectif de prévenir de la menace, a rappelé M. Mahoux. Si on veut la remplacer, ce sera "par quelque chose de concret et précis", a-t-il précisé, disant entendre à propos du Parquet fédéral les "mêmes remarques" que celles visant la Sûreté.

Au-delà, Philippe Mahoux "laisse le soin aux juristes" d'examiner la chose. Mais il estime qu'"on peut s'interroger sur la raison pour laquelle trois affaires" aboutissent dans la presse ces dernières semaines alors que l'actuel administrateur général de la Sûreté brigue un nouveau mandat. "Je m'étonne", a-t-il dit. "Chaque fois qu'on a demandé à M. Winants de venir s'expliquer, il est venu le faire", a rappelé M. Mahoux, se félicitant par ailleurs du "travail efficace" du Comité R, qui, selon lui, fonctionne en bonne transparence avec la Commission parlementaire de suivi.

Cette question de la nomination n'est pas anodine dans le débat actuel. Sur Twitter, le sénateur CD&V Rik Torfs a d'ailleurs ironisé à cet égard. "Supprimer la Sûreté de l'Etat, tout cela est très bien, mais alors il n'y aura plus d'administrateur général, une nomination politique particulièrement prisée", a-t-il fait observer.

La chef de groupe Ecolo Zakia Khattabi a pour sa part profité du débat pour regretter une nouvelle fois que "l'opposition (démocratique)" soit exclue des Commissions parlementaires de suivi des Comités P et R, chargées, respectivement, du contrôle des services de police et de renseignement. "Ecolo plaide pour l'ouverture" de ces Commissions, a-t-elle indiqué sur Twitter.

Enfin, le Vlaams Belang, dont un ancien collaborateur a affirmé cette semaine avoir tuyauté la Sûreté, demande également la suppression de l'institution. Le journal Le Soir rappelle mercredi qu'Alain Winants était avocat général à Bruxelles lorsque le Vlaams Blok y fut condamné pour racisme.

La N-VA, Groen et le VB exigent une Commission d'enquête parlementaire sur la Sûreté, une option rejetée par la majorité.

Avec Belga

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