L'attitude "non démocratique" d'Olivier Deleuze en Flandre

06/03/12 à 11:14 - Mise à jour à 11:14

Source: Le Vif

Fraîchement élu co-président du parti Ecolo, Olivier Deleuze, invité à l'émission "Reyers laat" de la VRT, a refusé de rester assis à la même table que Reddy De Mey, ancien journaliste et actuel membre du Vlaams Belang. Il était convié pour parler de son expérience de journaliste lors du naufrage du Herald of Free Enterprise.

L'attitude "non démocratique" d'Olivier Deleuze en Flandre

© Image Globe

Interrogé sur les raisons de ce choix, Olivier Deleuze a répondu qu'il ne souhaitait pas débattre autour d'une table où se trouvent des représentants non démocratiques. La raison évoquée est donc l'appartenance de Reddy De Mey au Vlaams Belang.

Il n'a pourtant jamais été demandé au co-président d'Ecolo de débattre avec l'ancien journaliste. Il n'était d'ailleurs pas question de politique. Peu importe, "un parti antidémocratique est quelque chose de bizarre, d'anormal. Ça ne devrait pas devenir banal", a argumenté Olivier Deleuze sur le plateau de la chaîne publique flamande.

Les autres invités ont été critiques vis-vis de ce choix. Guy Vanhengel (Open-Vld) a affirmé qu'il s'agissait là d'une forme de radicalisme également. "Il faut faire la différence entre le parti et la personne", a-t-il dit. "Il s'agit ici plus d'une claque, d'un choc qui vise à faire des dégâts. Reddy De Mey, que je connais par ailleurs depuis longtemps, fut un très bon journaliste qui s'est retrouvé au coeur d'un évènement historique. Je trouve qu'à cet égard il faut savoir montrer un minimum de respect envers l'homme."

De son côté, Liesbeth Homans (N-VA) a jugé qu'il était non démocratique de refuser d'être assis à la même table qu'une personne appartenant à un parti pour lequel des gens votent. "Vous ne devez pas être d'accord avec ses idées, vous devez juste vous trouver à la même table. Mais cela semble visiblement trop demander", a-t-elle ajouté.

Johan Van Overtveldt, rédacteur en chef du Knack, s'est montré tout aussi critique : "En Flandre, Olivier Deleuze avait déjà l'image de quelqu'un qu'il ne faut pas trop prendre au sérieux. Cette intervention a renforcé cette image. On prouve la supériorité des convictions démocratiques par le débat, mais certainement pas par le refus du débat", a-t-il commenté.

"L'attitude d'Olivier Deleuze est en fait aussi antidémocratique que certaines positions prises par le Vlaams Belang. Le débat portait sur un drame humain qui n'avait finalement rien à voir avec des positions politiques. On pourrait même dire que monsieur Deleuze a déshonoré, dans une certaine mesure, la mémoire des victimes du Herald of Free Enterprise".

"Olivier Deleuze n'a fait qu'appliquer le code de bonne conduite"

Le Vif.be, MG

En réponse à notre article, Ecolo rappelle qu'Olivier Deleuze n'a fait qu'appliquer le code de bonne conduite signé par l'ensemble des partis démocratiques francophones après avoir dûment informé et en être préalablement convenus avec les responsables de l'émission.

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