L'arrivée d'un investisseur public chinois au capital d'Eandis électrise la Flandre

27/09/16 à 11:35 - Mise à jour à 11:37

Source: Belga

(Belga) Revirement ministériel, fronde de plusieurs communes, mise en garde attribuée à la Sûreté de l'Etat: la prise de participation de 14% de l'entreprise d'Etat chinoise State Grid au capital d'Eandis, le gestionnaire des réseaux d'électricité et de gaz de la plupart des communes flamandes, agite le nord du pays depuis une dizaine de jours, sur fond de craintes géostratégiques.

L'annonce de cette prise de participation avait eu lieu fin juin. Elle doit être validée par les actionnaires d'Eandis (essentiellement les communes et provinces flamandes) lundi prochain, lors d'une assemblée générale extraordinaire, dans la foulée de la fusion des sept intercommunales d'Eandis et de leurs réseaux de distribution, pour constituer Eandis Assets. Initialement favorable à ce renflouement chinois de 830 millions d'euros, le ministre flamand de l'Energie Bart Tommelein (Open Vld) a changé d'avis ce samedi. "Beaucoup de gens ne comprennent pas que nous vendions partiellement à un investisseur étranger quelque chose d'aussi stratégique que notre réseau de distribution." Le ministre dit aussi craindre pour la protection des données privées, ce que le président d'Eandis Piet Buyse (par ailleurs bourgmestre CD&V de Termonde) juge infondé, vu l'aspect purement financier de l'opération. Dans l'opposition, le bourgmestre de Louvain Louis Tobback (sp.a) a tiré à boulets rouges. "Quand on reconnaît en si peu de temps n'avoir pas bien évalué un dossier à 830 millions d'euros, on doit en conclure que l'on est incapable de gérer ce dossier", a-t-il lâché. Plusieurs communes se sont déjà opposées à l'accord. Bart Tommelein, quant à lui, évoquait lundi de "nouvelles informations sensibles" sur State Grid, justifiant sa méfiance. Un courrier au gouvernement - que d'aucuns disent émaner de la Sûreté de l'Etat - met en effet en garde contre cette entreprise liée au Parti communiste chinois et à l'armée, et rappelle qu'un accord similaire avait été bloqué par les autorités australiennes au nom de la sécurité nationale. "Il s'agissait dans le cas australien d'une prise de participation de plus de 50%, alors que dans le cas d'Eandis, c'est une minorité de blocage de 14%", a relativisé le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA). (Belga)

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