L'armée israélienne met fin à une procédure controversée

28/06/16 à 15:43 - Mise à jour à 15:43

Source: Belga

(Belga) L'armée israélienne a annulé une procédure controversée permettant de déclencher une forte puissance de feu en cas de tentative d'enlèvement d'un de ses soldats, même au risque de le tuer, pour empêcher sa capture vivant, a-t-elle indiqué mardi.

L'armée israélienne met fin à une procédure controversée

L'armée israélienne met fin à une procédure controversée © BELGA

Le chef d'état-major, le général Gadi Eisenkot, "a ordonné la fin de cette procédure", a indiqué une porte-parole en refusant de donner de plus amples détails. La procédure "Hannibal" avait été mise en place dans les années 1980 alors qu'Israël combattait le mouvement chiite libanais Hezbollah au Sud-Liban. Elle prévoyait qu'en cas de tentative d'enlèvement d'un militaire, ses camarades soient obligés de faire l'impossible pour l'empêcher, au risque de tuer leur compagnon d'armes afin qu'il ne serve pas de monnaie d'échange. Elle aurait été utilisée durant la guerre de l'été 2014 à Gaza après l'enlèvement du soldat Hadar Goldin alors qu'un cessez-le-feu venait d'être annoncé. Aussitôt après la disparition du militaire, l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty affirme qu'Israël a lancé cette procédure, déclenchant un déluge de feu sur la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza et tuant "au moins 135 civils". Ceci constitue un "crime de guerre" et "pourrait constituer un crime contre l'humanité", selon l'ONG. Le sous-lieutenant avait ensuite été déclaré mort par l'armée israélienne. Asa Kasher, qui a dirigé le comité de rédaction du code d'éthique de l'armée israélienne, a salué la décision de mettre fin à la consigne Hannibal "qui aurait dû être prise il y a longtemps". Selon lui, la procédure était mal comprise par les troupes qui y voyaient un ordre d'exécution de leur camarade d'armes. Le quotidien israélien Haaretz a affirmé que le général Eisenkot avait plaidé "il y a plusieurs semaines" pour le changement de cette consigne, bien avant qu'un projet de rapport du contrôleur de l'Etat réclamant également la fin de "Hannibal" ne soit dévoilé par la presse. (Belga)

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