L'armée belge s'apprête à quitter l'Afghanistan

16/09/13 à 16:53 - Mise à jour à 16:53

Source: Le Vif

L'armée belge se prépare à quitter, en toute discrétion et après près de dix ans de présence qui a culminé à une bonne centaine de personnes, le camp militaire de Kunduz (nord de l'Afghanistan), que la Bundeswehr prévoit de fermer "à l'automne" dans le cadre du retrait progressif de ses troupes d'ici fin 2014, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

L'armée belge s'apprête à quitter l'Afghanistan

© Belga

L'"appui aux activités de redéploiement" (en direction de la Belgique) a débuté le 9 septembre à Kunduz pour la trentaine de militaires belges encore présents dans ce camp - dont des policiers militaires (MP) et des spécialistes en "opérations psychologiques" -, a indiqué le ministère de la Défense sur son site internet.

"Sécurité opérationnelle" oblige, aucune date n'a encore été évoquée officiellement pour le départ des derniers Belges de Kunduz, qui n'abrite plus que quelque 300 soldats allemands, selon la presse d'Outre-Rhin. Mais il se murmure à la Défense que le gros du contingent belge devrait avoir quitté Kunduz d'ici début octobre, ne laissant sur place que des logisticiens chargés de démanteler les installations et de rapatrier le reste du matériel via Mazar-i-Sharif, la grande ville du nord afghan.

L'armée belge s'était installée en mars 2004 dans le camp de l'Equipe provinciale de Reconstruction ("Provincial Reconstruction Team") dirigée par l'Allemagne à Kunduz, au départ avec une demi-douzaine de militaires seulement, à l'instigation du ministre de la Défense de l'époque, André Flahaut (PS).

Mais cette présence dans le cadre de la force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf, dirigée par l'Otan) avait cru au fil des ans, sous la protection des troupes allemandes. Elle avait atteint un maximum d'environ 125 personnes entre le printemps 2009 et avril dernier, lorsque deux équipes d'instructeurs belges (des OMLT,

devenues des MAT) encadraient des unités de l'armée nationale afghane (ANA), une implication accrue voulue par l'actuel titulaire du portefeuille de la Défense, Pieter De Crem (CD&V).

La première de ces équipes, forte d'une cinquantaine de personnes, est rentrée au pays le 5 mai dernier après avoir assuré depuis janvier 2009 - mais avec des relèves de personnel tous les six mois - la formation d'un "kandak" (bataillon afghan), à Kaboul d'abord, à Kunduz ensuite.

La seconde équipe d'instructeurs - un "Military Advisory Team" (MAT), en jargon militaire -, qui compte une dizaine de militaires chargés de conseiller l'état-major d'une brigade de l'armée afghane, est toujours sur place. Mais son retour est présenté comme proche, alors que l'Otan a décidé de concentrer à partir de l'an prochain ses efforts de formation et d'encadrement sur les niveaux plus élevés, dont celui du corps d'armée, dont celui établi à Mazar-i-Sharif.

Quant aux quelque 25 membres de l'ex-PRT de Kunduz, devenu récemment PATF ("Partnering Advising Task Force") pour refléter le "partenariat" qui s'est établi entre les forces afghanes et celles de l'Otan, ils devraient aussi rentrer au pays dans les semaines à venir.

Il s'agit d'un groupe travaillant à l'aéroport de Kunduz et chargé du chargement et du déchargement du fret ("aircraft handling"), de spécialistes en renseignement opérationnel, d'une équipe Psy-Ops ("opérations psychologiques"), des spécialistes en informatique, des MP et des contrôleurs aériens avancés ("Forward Air Controllers", FAC) sont également intégrés dans ce PATF.

Les Pays-Bas ont terminé le 28 août - et de manière quelque peu prématurée - le retrait de la plupart des 540 personnes affectées durant deux ans à une mission de formation de la police afghane à Kunduz.

L'Allemagne a en effet annoncé un retrait accéléré de ses troupes, qui y assurent aussi la protection des continents étrangers.

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