L'appui policier suscite des tensions entre services et entre polices

05/07/16 à 15:35 - Mise à jour à 15:35

Source: Belga

(Belga) Une réflexion fondamentale s'impose en matière d'appui policier, estime la Cour des comptes dans un audit publié mardi. Le rapport épingle des tensions entre services ou entre polices fédérale et locale et une capacité mobilisable en baisse depuis la réforme des polices.

L'appui policier suscite des tensions entre services et entre polices

L'appui policier suscite des tensions entre services et entre polices © BELGA

La Cour s'est penchée sur l'appui à la police locale apporté essentiellement lors d'événements tels que les matchs de football, les manifestations ou les festivals. Disposant rarement des moyens suffisants, la police locale doit demander le soutien de la police fédérale. Bruxelles et ses nombreuses réunions internationales ainsi que le niveau 3 de menace complètent un tableau déjà bien rempli. L'appui policier s'apparente souvent à un casse-tête, à lire le rapport. L'appréciation des risques et des moyens demandés divergent d'une zone à l'autre, certains chefs de corps sollicitant même un appui maximum par mesure de précaution. L'appui est aussi parfois demandé en fonction de la disponibilité des effectifs plutôt que des besoins. Ce fut le cas lors de la manifestation nationale du 6 novembre 2014 émaillée par des incidents violents en fin de parcours. Les moyens manquent aussi. Si l'on additionne la capacité hypothéquée (Hycap) des polices locales, soit la capacité qu'une zone doit mettre à la disposition des autres zones pour des missions qu'elles ne peuvent assumer seules, et celle du corps d'intervention fédéral (CIK), 54 pelotons (32 agents et un commandement de 4 personnes) sont mobilisables en théorie alors que l'ancienne gendarmerie était capable de mobiliser jusqu'à 80 pelotons. Selon une analyse de l'école de police fédérale, dans les faits, la mobilisation maximale est même limitée à 30 pelotons en cas d'événements planifiés. L'audit épingle notamment le morcellement du CIK depuis sa décentralisation en 2005. Il relève aussi le peu de moyens et de pouvoir des directeurs coordinateurs administratifs de la police fédérale dans leur arrondissement. La Cour formule plusieurs recommandations, dont une meilleure coordination des Hycap et CIK, un règlement commun et un redéploiement géographique du CIK. Il préconise aussi une "réflexion fondamentale" sur la norme KUL qui règle la dotation des moyens fédéraux aux zones de police. Celle-ci est régulièrement remise en cause mais ce gouvernement comme ses prédécesseurs a décidé ne pas y toucher. (Belga)

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