L'ambassadeur russe convoqué aux Affaires étrangères

19/10/16 à 15:12 - Mise à jour à 15:11

Source: Belga

L'ambassadeur de Russie en Belgique, Alexandre Tokovinine, sera convoqué aux Affaires étrangères pour entendre le mécontentement des autorités belges à propos des accusations russes sur l'implication de la Belgique dans la mort d'au moins six civils dans un bombardement en Syrie, a indiqué mercredi le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders.

L'ambassadeur russe convoqué aux Affaires étrangères

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"J'ai demandé que chez nous on convoque l'ambassadeur pour lui faire part (...) du démenti (déjà exprimé par le ministre de la Défense, Steven Vandeput) mais aussi le mécontentement qui est le nôtre suite à des déclarations qui manifestement n'ont pas fait l'objet d'une quelconque vérification avant d'être prononcées", a-t-il déclaré à quelques journalistes à l'issue d'un entretien à Bruxelles avec son homologue irakien, Ibrahim al-Jaafari.

"Le démenti est tout à fait formel de la part du ministre de la Défense", a ajouté M. Reynders, qui a demandé à la Défense de faire passer le même message auprès des attachés de défense russes en poste en Belgique.

La Russie a accusé mercredi l'aviation belge, qui fait partie de la coalition internationale anti-Etat islamique (EI) dirigée par les Etats-Unis en Irak et en Syrie, d'avoir tué six civils lors de bombardements dans la région syrienne d'Alep.

"Six personnes ont été tuées et quatre autres blessées à des degrés variables à la suite d'un bombardement qui a détruit deux maisons" dans la nuit de lundi à mardi dans la localité de Khassadjek dans la région d'Alep, avait indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

"Les avions russes et syriens n'étaient pas présents dans cette zone. Mais des avions de la coalition internationale effectuaient des missions dans la région".

Interrogé par l'agence Belga, M. Reynders a indiqué ignorer les raisons de ces allégations russes, alors qu'il plaide régulièrement pour le maintien de canaux de communication avec Moscou en dépit des tensions croissantes avec la Russie dans de nombreux domaines.

"Dans ce dossier, il y a énormément d'instrumentalisations. Je ne sais pas quelles ont été les raisons exactes des propos qui ont été tenus. Ils sont en tout cas inacceptables", a dit le ministre en référence à des déclarations du ministère russe des Affaires étrangères et même du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

La Russie a pour sa part annoncé mardi la suspension surprise des raids des aviations russe et syrienne sur Alep en signe de "bonne volonté" et pour permettre l'évacuation des civils des quartiers rebelles de cette ville bombardée à un rythme intense depuis presque un mois.

Moscou est sous le feu des critiques depuis des semaines des Occidentaux, qui lui reprochent le soutien de l'armée russe aux attaques meurtrières des forces du président syrien Bachar al-Assad.

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