L'adieu d'Albert II à Di Rupo, son héros

21/07/13 à 11:35 - Mise à jour à 11:35

Source: Le Vif

Le roi des Belges tire sa révérence par une pluie de louanges au Premier ministre socialiste francophone. Sans un mot pour les Dehaene, Verhofstadt, Leterme, Van Rompuy qui ont été les autres Premiers ministres de son règne. Etonnant.

L'adieu d'Albert II à Di Rupo, son héros

© Image Globe

Albert II a flashé. Le dernier Premier ministre de son règne sort grand vainqueur de l'applaudimètre royal, de la pluie de mercis adressés par le chef d'Etat. Plus qu'une reconnaissance, c'est un triomphe personnel pour le socialiste Elio Di Rupo, louangé par le Roi comme aucun de ses prédécesseurs ne l'a été.

Ce matin, à l'heure de renoncer officiellement à la couronne au Palais royal de Bruxelles, les dernières paroles d'Albert II en tant que Roi ont encore été pour le chef du gouvernement fédéral. L' hommage royal est personnel, explicite, appuyé. Eclatant. Coup de chapeau à Elio Di Rupo pour avoir accepté la difficile tâche de former un gouvernement couronné de succès. Coup de chapeau encore pour avoir adopté, avec le concours des autres membres du gouvernement fédéral, " les mesures indispensables à la garantie du bien-être de l'ensemble des citoyens."

En revanche, Albert II n'a pas eu le même merci pour les autres Premiers ministres de son règne. Jean-Luc Dehaene (CD&V) de 1993 à 1999, Guy Verhofstadt (Open VLD) de 1999 à 2007, Yves Leterme et Herman Van Rompuy (CD&V) jusqu'en 2011, n'ont pas eu droit à une mention spéciale de la part du souverain sortant. Tout juste a-t-il eu ces mots de reconnaissance " à ceux qui m'ont prodigué tant de précieux conseils. " Sans citer de noms.

Albert II n'a pas saisi cette courte prise de parole pour prendre un peu de hauteur et jeter un regard rétrospectif sur les vingt ans de son règne. Non, il est resté résolument dans le registre politique adopté lors de son ultime allocution à l'occasion de la Fête nationale. N'a voulu retenir du bilan politique depuis son intronisation en 1993 que la dernière ligne droite. La plus pénible, la plus dramatique de sa vie de Roi.

Elio Di Rupo avait déjà eu droit à sa couronne de lauriers, samedi. A son heure de gloire. Il n'y en avait pratiquement que pour lui et pour les acquis de son gouvernement : accord budgétaire 2013 et 2014, statut unique ouvriers-employés, approvisionnement en électricité. Avec Elio Di Rupo en vedette des images sélectionnées par le Palais royal pour visualiser les dires du souverain.

Albert II s'appesantit sur la compétence, le sens du compromis et de l'intérêt général des dirigeants politiques ? C'est Elio Di Rupo en train de prêter le serment de Premier ministre entre les mains du roi en 2011, qui crève l'écran. Albert II évoque la sixième réforme de l'Etat ? C'est la cérémonie de signature de l'accord institutionnel qui illustre le propos. Avec Di Rupo bien en vue, tout sourire et oeil complice en direction du Roi occupé à signer.

Un message d'adieux royaux en deux temps, aux allures de communication gouvernementale. A faire rugir l'opposition parlementaire. Comme un ultime pied de nez à la N-VA de Bart De Wever, roi de Flandre.

Après le duo Martens-Baudouin, le couple Albert-Di Rupo. La fusion entre un Roi et son Premier ministre.

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