Jorge Nieto Montesinos, 3e ministre péruvien à annoncer sa démission en quelques jours

04/01/18 à 02:27 - Mise à jour à 02:30

Source: Belga

(Belga) Le ministre péruvien de la Défense Jorge Nieto Montesinos a annoncé sa démission mercredi, un évènement qui constitue le troisième départ d'un ministre en une vingtaine de jours dans ce pays. Précédemment, deux ministres avaient rendu leur tablier en l'espace d'une semaine: celui de l'Intérieur, Carlos Basombrío, à la mi-décembre, et celui de la Culture, Salvador del Solar.

Si le cabinet de Jorge Nieto Montesinos n'a pas donné de raison officielle justifiant la décision de l'homme politique, en poste depuis un an à peine au ministère de la Défense, les médias locaux lient notamment la nouvelle à la crise déclenchée par la grâce présidentielle accordée à la veille de Noël par Pedro Pablo Kuczynski à l'ancien chef d'Etat Alberto Fujimori. Cette grâce accordée, selon le président "PPK", pour des "raisons médicales", déchaîne les passions au Pérou, où une partie de la classe politique et de la population soupçonne un marchandage en coulisses. Pedro Pablo Kuczynski a en effet fait l'objet, en décembre, d'une motion de destitution, après la révélation de liens présumés avec le géant du BTP brésilien Odebrecht et le scandale de corruption qui entoure cette entreprise. Le vote de la procédure de destitution au parlement avait toutefois sauvé in extremis la position du président, notamment grâce à l'abstention de plusieurs députés du parti fujimoriste Force populaire. Quelques jours plus tard, le président maintenu de justesse à son poste annonçait grâcier Alberto Fujimori, qui était détenu depuis 2007, de quoi alimenter les rumeurs d'un arrangement politique orchestré avec les partisans de Fujimori siégeant dans l'opposition. Le ministre Salvador del Solar, qui s'était toujours déclaré opposé à la libération de l'ancien chef d'Etat, avait annoncé peu de temps après quitter son poste. Carlos Basombrío, ministre de l'Intérieur, avait déjà rendu son tablier quelques jours plus tôt, après les révélations liant "PPK" à Odebrecht, concernant des paiements remontant à l'époque où l'actuel président était encore ministre. (Belga)

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