Johan Vande Lanotte doit s'employer à calmer le jeu

25/10/10 à 08:17 - Mise à jour à 08:17

Source: Le Vif

Le conciliateur Johan Vande Lanotte devra avant tout calmer le jeu et rétablir la confiance entre les partenaires en négociations. Mais la chose ne sera pas aisée, vu la méfiance extrême (et calculée?) que lui voue la N-VA.

Johan Vande Lanotte doit s'employer à calmer le jeu

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Chacun était d'accord sur la plateau de "Mise au Point" à la RTBF: il faut rétablir la confiance et pour cela il faudra un peu de temps. "Il faut laisser retomber la pâte, calmer le jeu", a dit Philippe Moureaux (PS). "Ce qu'on demande à M. Vande Lanotte c'est la même chose que ce qu'on a demandé à mon frère (Herman Van Rompuy) en 2007", a souligné Eric Van Rompuy (CD&V). Rétablir la confiance est en effet le grand défi que doit relever Johan Vande Lanotte à qui le Roi a confié une mission de conciliation.

Or, la désignation même de Johan Vande Lanotte a encore renforcé la méfiance de la N-VA. "Je connais Johan Vande Lanotte, c'est un homme de qualité. Mais il y a des raisons pour nous de se méfier parce que nous n'avons pas été consultés par le Roi", a rappelé le député N-VA Siegfried Bracke. Avant la désignation de Johan Vande Lanotte, le Roi n'a reçu que les présidents des six autres partis. Bart De Wever avait été reçu lundi mais c'était, de l'avis de la N-VA, pour remettre son rapport de clarification et non en tant que président du parti. "Je ne sais pas si le Palais a été manipulé mais en tout cas, cela ne s'est pas passé comme il faut", selon Siegfried Bracke.

Celui-ci a aussi exprimé des doutes quant à l'honnêteté de Johan Vande Lanotte quand il s'agit de chiffres. "On l'a connu comme ministre du Budget. Dans cette fonction, il me fait penser à feu Winston Churchill qui disait qu'il croyait seulement les chiffres qu'il avait truqués lui-même. Ses budgets étaient en ordre sur papier, mais dans la réalité, c'était autre chose."

Autre élément qui renforce la méfiance de la N-VA: "Le jour-même où M. Vande Lanotte a reçu sa mission, le syndicat qui a un lien naturel avec lui, la FGTB, a commencé une campagne contre la N-VA."

Malgré tout, a dit M. Bracke, la N-VA ne ferme pas la porte et veut coopérer même si elle considère que les choses sont très difficiles. Le rapport de clarification de Bart De Wever constitue le "minimum minimorum" pour la N-VA, a répété M. Bracke, qui a ajouté qu'il était malgré tout optimiste. Il a incité les francophones et surtout les Wallons a être également optimistes. "Quand j'entends le PS faire des calculs sur les effets de la note De Wever jusqu'en 2030, je m'interroge. L'arrière-pensée du parti est donc que rien ne changera en 20 ans..."

Siegfried Bracke ne s'est pas lancé dans un débat sur les chiffres en réponse aux arguments de Frank Vandenbroucke. "C'est un problème de spécialistes. Pour nous, la vraie question est de savoir si les francophones veulent une révision de la loi de financement et une responsabilisation financière des entités fédérées", a-t-il dit. Quant à son avenir personnel, Siegfried Bracke n'exclut pas d'être un jour ministre tout en ajoutant qu'il est à la disposition de son parti et qu'il fera ce qu'on lui demandera de faire.

Invité pour sa part à la VRT, le président de la N-VA, Bart De Wever, a tenu le même discours. A propos des transferts, il a ironisé: "On dit que quelques centaines de millions pour les Régions vont mettre le paiement des pensions en danger, mais on ne dit rien du fait qu'il faut économiser 22 milliards d'euros", a-t-il souligné.

Quant à Eric Van Rompuy (CD&V), il a précisé à la RTBF que son parti avait défendu le même point de vue que la N-VA au sein du groupe dit de haut niveau qui s'est penché sur la révision de la loi de financement. "Croire qu'une large autonomie fiscale sera une opération neutre pour tous, c'est faux. Ce ne sera pas une opération win-win", a-t-il dit. "Quand M. Moureaux plaide pour un refinancement, à hauteur de 500 millions d'euros, de Bruxelles, il ne dit pas que cela va appauvrir le pouvoir fédéral mais il dit que c'est le cas quand l'argent va vers la Flandre", a-t-il ajouté. Philippe Moureaux (PS) a répondu qu'il allait de soi que "ce ne sera jamais parfaitement neutre mais il faut chercher des formules pour amortir le choc".

LeVif.be, avec Belga

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