JO : ces familles en or

01/08/12 à 11:23 - Mise à jour à 11:23

Source: Le Vif

Les Borlée, les Noah, les Clijsters... Quel est le secret de la transmission du talent et des succès sportifs ? Pas seulement la génétique. Le travail et l'expérience du plus haut niveau sont au moins aussi décisifs.

JO : ces familles en or

© Image Globe

Où il y aurait de (bons) gènes, il y aurait immanquablement du plaisir. Le succès sportif se transmet-il de père en fils, de mère en fille ? Autrement dit : est-on génétiquement programmé pour gagner ? Epineuse question. Des exemples tendent à le prouver, mais le sujet est sensible. Car on glisse vite vers la "couleur" d'une médaille, d'une performance. Michaël Johnson, l'un des plus grands sprinteurs de l'histoire de l'athlétisme, s'est risqué à une explication historique risquée liant esclavagisme et performances sur l'hectomètre...

Il est vrai que sur les 71 athlètes qui ont réussi à descendre sous les 10 secondes, sur la distance mythique du 100 mètres, avant le Français Christophe Lemaître (juillet 2010), tous étaient des athlètes africains ou descendants de ce continent, à l'exception de l'Australien Patrick Johnson, athlète métis aborigène par sa mère. Lemaître n'aime pas évoquer le sujet. "Parler de sprinteur blanc, je trouve cela aberrant. Cette histoire, c'est lourd, je n'aime pas du tout ça..."

Kevin et Jonathan Borlée ne sont ni blancs ni blacks. Plutôt Belges et se revendiquant volontairement et fièrement Européens. Ce sont des garçons bien dans leur peau et dans leur époque, qui ne courront pas uniquement pour le seul plaisir de participer aux Jeux olympiques de Londres qui s'ouvrent ce week-end. Les "twins" ont des parents champions : maman Edith Demartelaere a été championne de Belgique de 200 mètres et papa Jacques a été sacré sur bien des distances, dont le 400 mètres. Dans cette famille formidable, il y a encore Olivia, médaillée de bronze du 4 x 100 mètres à Daegu et les plus jeunes Dylan et Alysia, qui regorgent de talent.

Gilles Goetghebuer est le rédacteur en chef du magazine Sport et vie. Ce fin spécialiste pointe une constante : "La plupart des grands sportifs ont un athlète de haut niveau dans leur ascendance." Certes, il y des filiations évidentes, pour ne prendre que l'exemple du football : Johan et Jordi Cruyff, Jean et Youri Djorkaeff et, plus proche de nous, Roger et Romelu Lukaku. Mais des histoires plus surprenantes surviennent également. A l'AFP, Gilles Goetghebuer confiait récemment que le sprinteur français Christophe Lemaître lui avait appris que "son papa était champion de lutte. Et le papa d'André Agassi a fait les Jeux olympiques comme boxeur alors que le grand-père des Cantona avait une force exceptionnelle. Il a bâti de ses mains une maison dans la roche..."

Daniel Van Buyten, roc du Bayern Munich et des Diables rouges, avait un papa lutteur. Bon sang ne sait mentir. Mais il ne faudrait pas que quelques exemples de réussite éclatantes éclipsent les exploits et carrières exceptionnelles de milliers d'hommes et de femmes, "normalement" constitués qui font l'admiration des illustres inconnus que sont leurs parents.

ALEXANDRE CHARLIER

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