JO 2016 - "La première chose qu'il a apprise, c'est 'je suis fatigué'"

10/06/16 à 14:14 - Mise à jour à 14:14

Source: Belga

(Belga) Le jeune nageur syrien Rami Anis, 25 ans et ayant obtenu le statut de réfugié en Belgique en décembre dernier, fera partie des 10 athlètes qui défileront cet été aux JO de Rio sous la bannière du CIO au sein du "Refugee Olympic Team". C'est le seul sportif "hôte" du COIB à être repris dans cette équipe internationale de réfugiés, après quelques mois d'entraînements auprès de l'ex-nageuse gantoise Carine Verbauwen.

JO 2016 - "La première chose qu'il a apprise, c'est 'je suis fatigué'"

JO 2016 - "La première chose qu'il a apprise, c'est 'je suis fatigué'" © BELGA

"Je viens d'Alep", raconte le nageur vendredi lors d'une rencontre avec la presse, dans les locaux du COIB. "J'ai commencé à nager très jeune, et j'ai commencé ma carrière à 14 ans, avec comme spécialités le 50, 100 et 200m papillon". Une carrière rapidement entravée toutefois par la guerre qui débute en Syrie, qui le pousse à quitter le pays "en octobre 2011" pour la Turquie, où un de ses frères est déjà installé. Il y reste plusieurs années, avant de décider de poursuivre sa route vers la Belgique en octobre 2015, un départ motivé par l'envie de "poursuivre son rêve, celui de nager" dans les plus grandes compétitions. "Un jour, ma soeur, qui travaille à la fédération flamande de natation m'appelle, pour me dire qu'un réfugié m'attend à la piscine", raconte de son côté Carine Verbauwen, sourire au lèvre. "J'arrive, et Rami me demande d'emblée combien on le paierait pour qu'il s'entraîne ici. Il voulait pouvoir gagner sa vie, ne pas dépendre des autres. Je lui ai répondu que j'avais des nageurs meilleurs que lui, qui, eux, payent pour suivre les entrainements. On n'allait donc pas le payer, mais vu sa situation, je voulais bien qu'il vienne s'entrainer gratuitement". Le jeune nageur reprendra finalement contact avec Carine Verbauwen deux mois plus tard, pour lui demander si la proposition tient toujours. Installé depuis peu à Eeklo, il partage désormais ses journées entre plusieurs sessions d'entrainement à la piscine de Rozebroeken, à Gand, et des cours de néerlandais obligatoires. "Il a commencé en mars et la première phrase qu'il a apprise c'était 'ik ben moe' ('je suis fatigué', ndlr)", rigole Verbauwen, qui indique être sans pitié aux entrainements. Celle qui estime que sa participation aux prochains JO est "juste" fixe comme objectif d'y passer sous les 55 secondes sur 100m papillon. (Belga)

Nos partenaires