Jan Jambon: "L'indépendance de la Flandre reste mon objectif"

22/06/15 à 10:58 - Mise à jour à 10:58

Source: Knack

Même s'il semble toujours étrange de voir un flamingant à ce poste, le vice-premier ministre Jan Jambon (N-VA) se sent comme un poisson dans l'eau au ministère de l'Intérieur et à la Sécurité, un des portefeuilles les plus chargés du gouvernement fédéral. "L'indépendance de la Flandre reste mon objectif" dit-il dans l'hebdomadaire De Zondag.

Jan Jambon: "L'indépendance de la Flandre reste mon objectif"

Jan Jambon © BELGA

Quel est aujourd'hui le plus grand défi à relever à l'Intérieur ?

"Pour moi, c'est de garder les services secrets motivés malgré les circonstances particulièrement difficiles dans lesquels ils doivent opérer. Le niveau de menace pour la police est toujours à 3, ce qui signifie que les personnes chargées de garantir notre sécurité sont menacées de l'extérieur".

Comment vous y prenez-vous?

"Le gouvernement précédent est allé trop loin dans les économies en matière de sécurité. Si la police est menacée et souffre d'un manque de moyens, elle risque d'être démotivée. Je lui rends les moyens dont elle a besoin, ce qu'elle apprécie, je le sens sur le terrain".

Elle apprécie moins vos projets en matière de pensions. Ce mécontentement ne favorise pas motivation.

"Le principal, c'est qu'à présent les choses soient claires. Au cours la période de transition jusqu'en 2019 le personnel de police pourra arrêter de travailler à partir de 58 ans. Ce qu'il se passe après sera tranché dans le débat global sur la réforme des pensions, tout comme la discussion sur les métiers pénibles".

Un autre défi. Selon un ténor des Nations unies, l'Europe doit accueillir au moins un million de réfugiés qui viennent de zones de conflit telles que la Syrie. C'est beaucoup plus que les 40 000 évoqués par l'Europe. Êtes-vous d'accord avec lui ?

"Je ne peux que confirmer les propos de mon collègue Theo Francken (NDLR : ministre N-VA, chargé de la Migration). Nous trouvons que le système de quota pour une répartition correcte vers tous les pays européens est acceptable, il faut juste tenir compte de ce que les pays font déjà. L'Allemagne est déjà champion d'accueil et la Belgique fait déjà plus que sa part".

Doit-on accueillir davantage de réfugiés?

" (évasif) Il faut les sélectionner plus tôt. Laisser entrer tout le monde et puis en renvoyer 80% n'a pas de sens. Il faut accueillir les véritables demandeurs d'asile, les personnes menacées de mort dans leur pays à cause de leur orientation sexuelle, politique ou religieuse. Je ne fixe pas de nombre, mais cela ne vaut pas pour les réfugiés économiques. Votre question porte sur le traitement des symptômes. C'est important, mais il est encore plus important de s'attaquer à la cause du problème. Personne n'est content de fuir son pays".

Dans ce cas, pourquoi ce gouvernement coupe-t-il dans l'aide au développement ?

"Le problème au Moyen-Orient est d'ordre géopolitique. On ne le résout pas en augmentant le budget de l'aide au développement. On ne peut le régler qu'au niveau international".

La lutte contre la radicalisation constitue un autre défi. Dans le débat parlementaire à ce sujet, où vous avez remis Filip Dewinter (Vlaams Belang) à sa place, vous vous êtes révélé un homme d'État . Vous étiez-vous préparé ?

"Non, vraiment pas. C'était spontané. Dewinter agitait le Coran en le qualifiant de permis de tuer. C'est inacceptable. Pour des centaines de milliers de personnes dans ce pays, le Coran est un livre sacré. Il faut faire preuve de respect. Il serait néfaste de faire de tous les musulmans nos ennemis, ce qui est le but de Dewinter. La limite entre le bien et le mal ne démarque pas l'islam du reste du monde, mais au sein de l'islam, elle distingue la très grande majorité qui a de bonnes intentions d'un petit groupe d'extrémistes".

Vous avez été content d'être applaudi par le PS qui vous avait qualifié de collaborateuren début de législation?

"C'était agréable, je ne le cache pas. Si on me traite de flamingant extrémiste, ça ne me pose pas de problème. C'est ce que je suis. Mais j'ai mal quand on me traite d'extrême droite. J'étais presque un nazi pour eux. (Soupire) Je ne suis pas d'extrême droite, aucune fibre de mon corps ne l'est.

Avez-vous changé depuis notre entretien d'il y a deux ans?

"Certainement pas, même si je porte de nouvelles responsabilités. Je suis maintenant lié à un contrat de loyauté conclu par quatre partis".

Lorsque vous avez dit que l'indépendance de la Flandre reste votre but.

"C'est toujours le cas, c'est d'ailleurs toujours le premier article de notre parti. Cependant, nous nous sommes engagés à respecter un silence communautaire de quelques années. Nous y avons beaucoup réfléchi. En échange, nous pouvons réaliser une bonne partie de notre programme socio-économique. L'alternative était de retourner dans l'opposition. Mais nous n'avons rien changé au programme de notre parti".

Pourquoi l'accord gouvernemental ne mentionne-t-il rien à propos de la restriction du pouvoir du roi, un point important pour la N-VA jusqu'à l'année passée ?

"Cela fait partie du volet communautaire et nous n'avons pas trouvé de compromis avec les autres partis".

"Si vous vous en prenez au pouvoir du roi, vous mettez votre propre carrière en jeu. Certains en ont vraiment peur ". Savez-vous de qui est cette citation ?

(Il réfléchit) Non, je ne vois pas.

C'est vous qui avez dit cette phrase il y a deux ans.

"C'est possible. Mais je ne caresse pas d'ambitions de carrière, et donc je n'ai pas peur. Une monarchie protocolaire serait un grand pas en avant, mais ne figure pas dans l'accord gouvernemental".

De Zondag / Paul Cobbaert

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