Jacqueline Galant démissionne

15/04/16 à 10:11 - Mise à jour à 11:13

Source: Le Vif

La ministre des Transports et de la Mobilité Jacqueline Galant présente sa démission au Premier ministre Charles Michel qui l'accepte, a-t-on appris vendredi à bonne source.

Jacqueline Galant démissionne

Jacqueline Galant, ministre de la mobilité (MR). © BELGA/Virginie Lefour

La ministre donnera une conférence de presse vendredi matin à son cabinet. Mme Galant se trouvait au coeur d'une controverse portant sur la sécurisation des aéroports du pays. Pressée par son administration de débloquer des moyens dans le contexte de la menace terroriste, elle a été confrontée à l'existence d'audits de la Commission européenne dont elle a indiqué ne pas avoir pris connaissance.

Le Premier ministre Charles Michel avait indiqué à la Chambre, sur base des informations communiquées par le cabinet de Mme Galant que celui-ci et le gouvernement n'avaient pas été informés du contenu de ces audits. Or, au parlement, l'opposition faisait état jeudi soir de notes attestant du contraire.

Née à Jurbise (Hainaut), fille du bourgmestre Jacques Galant (PSC), Jacqueline Galant est tombée dans la politique dès son enfance. Après des études de sciences politiques à Mons, elle travaille au cabinet de Louis Michel, alors ministre des Affaires étrangères.

En 2000, elle se présente aux élections communales à Jurbise sur la liste de son père et fait le deuxième score, après lui. Mais l'opposition attaque les résultats du scrutin et de nouvelles élections sont organisées en 2001.

Jacqueline Galant, qui emmène la liste du bourgmestre, emporte la majorité absolue au conseil communal et devient bourgmestre. Elle a 27 ans.

En 2003, elle se présente sur les listes à la Chambre et est élue députée avec plus de 11.000 voix de préférence. Elle se spécialise dans les dossiers de naturalisation, d'immigration et de sécurité, adoptant une ligne politique dure. Elle a d'ailleurs présidé la commission des naturalisations.

Jacqueline Galant poursuit son bonhomme de chemin en politique locale. Elle renforce l'emprise de sa liste aux scrutins de 2006 (15 sièges sur 21) et de 2012 (17 sièges). Présidente du MR pour l'arrondissement de Mons-Borinage depuis 2004, elle est également réélue députée fédérale en 2007. Elle s'est opposée publiquement au ministre wallon du Logement de l'époque, Jean-Marc Nollet, et à l'obligation, imposée par le nouveau Code du logement wallon, de prévoir au moins 10% de logements sociaux sur le territoire de sa commune.

Elle fait partie du "groupe Renaissance", constitué en 2010 autour de Charles Michel pour contester le cumul par Didier Reynders de la présidence du MR et du poste de vice-Premier ministre.

Aux élections du 25 mai 2014, elle est tête de liste régionale en Hainaut et est élue au Parlement wallon.

A quarante ans, la députée wallonne hennuyère rejoint à l'automne 2014 le gouvernement fédéral de Charles Michel, où elle sera ministre de la Mobilité. Elle démissionne le 15 avril 2016, impliquée dans une controverse autour de la sécurité dans les aéroports. En cause: un rapport de la Commission européenne, révélé par les partis Ecolo et Groen.

Selon ce document de 2015 qu'elle nie avoir reçu, la DGTA-Sûreté se trouvait dans l'incapacité d'effectuer le nombre requis d'inspections dans les aéroports par manque de ressources.

Mme Galant aurait également obtenu en décembre 2014 une demande formelle du président du SPF Mobilité Laurent Ledoux en vue de renforcer la sécurité dans les aéroports. Début novembre 2015 éclate l'affaire Clifford Chance, un cabinet d'avocats à qui Jacqueline Galant avait confié un contrat de consultance sans avoir respecté les règles en matière de marchés publics.

Vivement critiquée par l'opposition, elle est alors soutenue par le Premier ministre, pour qui elle a été "imprudente", mais a "agi de bonne foi". Sa gestion du dossier du réseau express régional (RER) bruxellois a également fait débat. Ces lignes de chemin de fer pourraient ne jamais être opérationnelles, indiquait Jacqueline Galant dans la presse fin janvier 2016, avant de changer d'avis une semaine plus tard, assurant avec le cabinet Michel que le développement du RER serait bien assuré.

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