Jacky Morael : "Je me suis toujours beaucoup amusé"

26/09/14 à 15:19 - Mise à jour à 15:19

Source: Belga

Figure emblématique d'Ecolo, Jacky Morael revient dans un livre sur trente années de vie politique. "Générations vertes", publié aux éditions d'Etopia, le centre de recherche des Verts, prend la forme d'un entretien avec des jeunes mandataires et militants du parti sur des thèmes divers. Le secrétaire fédéral qui a propulsé le parti dans le paysage belge y relate quelques uns des événements de sa carrière.

Jacky Morael : "Je me suis toujours beaucoup amusé"

Jacky Morael © Belga

"L'écologie est un plaisir et doit le rester. Je me suis toujours beaucoup amusé", confie l'ancien stratège des Verts au détour d'une réponse. Nourri aux lectures des auteurs anarchistes, licencié en journalisme, Jacky Morael est passé comme beaucoup d'écologistes de cette époque par "Les Amis de la Terre" avant de rejoindre Ecolo dans les années 1980. En 1986, Paul Lannoye lui propose de faire équipe dans le secrétariat fédéral du jeune parti. Ils y franchissent l'une des premières étapes de la structuration d'Ecolo en faisant adopter une motion qui mène au départ des militants d'extrême-gauche, rétifs à l'idée de toute participation. Le parti commence à s'affirmer. En 1991, Guy Verhofstadt prend contact avec les Verts pour tenter d'évincer les sociaux-chrétiens du gouvernement. En 1992, les écologistes soutiennent les accords de la Saint-Michel. En 1997, ils entretiennent des contacts avec les autres partis afin de comparer les programmes.

En 1999, porté par un score historique, Ecolo participe pour la première fois à des négociations gouvernementales. L'épisode occupe une place centrale dans les différents entretiens. Il est à la fois l'aboutissement d'une action qui a sorti l'écologie politique de la marginalité et un coup d'arrêt brutal pour Jacky Morael. Victime d'une cabale orchestrée par certains Bruxellois du parti, au premier rang desquels se trouve Henri Simons, le secrétaire fédéral doit renoncer à devenir vice-premier ministre alors même qu'il a obtenu l'une des revendications majeures des Verts: le refinancement de l'enseignement francophone. Une décision qu'il vivra très mal. S'il reste une figure respectée et populaire, Jacky Morael s'écarte du pouvoir. Il ne se présente pas contre un nouveau secrétariat fédéral, emmené par Philippe Defeyt et Jacques Bauduin, qui incarnera les déchirements des écologistes à l'heure de leur première participation. C'est le temps de la "participe-opposition", une "catastrophe", analyse Jacky Morael.

Jacky Morael livre sa vision de la gauche, des rapports avec le parti socialiste, de l'écologie politique, de la Marche blanche, de l'Europe, du capitalisme triomphant ou encore de la Belgique qu'il voit évoluer vers un système à quatre régions et un Etat fédéral résiduel. Jacky Morael est le père spirituel d'une génération d'écologistes parmi lesquels on retrouve Jean-Marc Nollet, Philippe Henry, Zoe Genot, Christos Doulkeridis ou l'ancien co-président Jean-Michel Javaux, auteur de la préface, qui salue l'"animal politique au sens noble du terme".

"Il est (...) éminemment respecté par les actrices et les acteurs politiques des autres formations, toutes générations confondues. Il a su gagner cette estime par son travail bien entendu, par sa maîtrise des dossiers mais aussi par la crainte qu'il suscite: sa maîtrise de la stratégie".

En savoir plus sur:

Nos partenaires