Iran et Yémen: Nikki Haley persiste et signe

20/12/17 à 00:15 - Mise à jour à 00:16

Source: Belga

(Belga) L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a une nouvelle fois dénoncé mardi l'Iran et son comportement au Moyen-Orient, affirmant que Téhéran fournissait des missiles aux rebelles yéménites houthis tirés ensuite sur l'Arabie saoudite.

"Nous pourrions étudier des sanctions contre l'Iran en réponse à ses violations de l'embargo sur les armes au Yémen", a-t-elle déclaré à ses quatorze homologues du Conseil de sécurité lors d'une réunion sur la non-prolifération. "Au cours des prochains jours, nous allons explorer cette option et d'autres avec nos collègues", a ajouté Nikki Haley, sans autre précision. La Russie a aussitôt affirmé qu'elle n'approuvait pas cette orientation. "Il est temps d'arrêter avec le langage des menaces et des sanctions", a déclaré l'ambassadeur russe adjoint à l'ONU, Vladimir Safronkov. Et de nous "concentrer sur une coopération et une confiance larges", a-t-il ajouté. Nikki Haley avait organisé le 14 décembre une conférence de presse sur une base aérienne américaine près de Washington pour dévoiler aux médias des morceaux de missiles récupérés et prêtés aux Etats-Unis par l'Arabie saoudite pour appuyer les accusations américaines. Elle a d'ailleurs invité mardi les membres du Conseil à aller voir ces débris. Dans un récent rapport, l'ONU s'est montrée beaucoup plus prudente dans ses conclusions, se bornant à dire avoir besoin de continuer à enquêter. "Le secrétariat n'est pas en mesure de confirmer" l'origine iranienne des missiles ayant visé l'Arabie saoudite, a rappelé mardi le secrétaire général adjoint aux Affaires politiques, l'Américain Jeffrey Feltman. Les alliés européens de Washington au Conseil de sécurité, comme la France, le Royaume-Uni, la Suède ou l'Italie, observent la même prudence tout en s'inquiétant de la déstabilisation du Moyen-Orient imputée en partie à l'Iran. Mardi, l'Arabie saoudite a intercepté au-dessus de Ryad, pour la deuxième fois en deux mois, un missile balistique tiré par les Houthis, et a mis en cause l'Iran, faisant de nouveau craindre une escalade dans le Golfe. Ce tir devrait être "un avertisseur clignotant en rouge pour ce conseil", a jugé Nikki Haley. L'Iran soutient politiquement l'importante minorité zaïdite Houthis (une branche du chiisme) mais dément leur fournir des armes. Selon Téhéran, les affirmations de Washington constituent une accusation "infondée, irresponsable, provocatrice et destructive". Les Houthis sont en guerre contre le gouvernement yéménite, réfugié dans le sud du pays et soutenu depuis 2015 par une coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite. (Belga)

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