Irak: le sang coule au Kurdistan lors de manifestations contre le pouvoir régional

19/12/17 à 19:11 - Mise à jour à 19:13

Source: Belga

(Belga) Le sang a coulé mardi lors de manifestations hostiles au gouvernement régional du Kurdistan irakien accusé de corruption et fustigé pour son incapacité à juguler la crise économique et sociale. Selon des sources médicales, les affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants ont fait au moins cinq morts par balles et près de 200 blessés. Pour la deuxième journée, les protestataires ont brûlé les sièges des partis politiques, sans distinction.

Ces protestataires entendaient marquer leur défiance vis-à-vis des formations qui dominent la vie politique du Kurdistan depuis des décennies, qu'ils accusent de corruption tout en exigeant la démission du gouvernement de cette région autonome, affaibli par le récent fiasco du référendum d'indépendance. L'incident le plus grave a eu lieu à Raparine, à 130 km au nord de Souleimaniyeh, capitale de la province éponyme. Des manifestants ont incendié les sièges de l'Union Patriotique du Kurdistan (UPK) et du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK), les deux principaux partis de la région, et se sont emparés de la mairie. "Des affrontements s'en sont suivis avec les forces de l'ordre qui ont ouvert le feu, faisant cinq morts et au moins 70 blessés", a affirmé à la presse un porte-parole du département local de la Santé. Dans d'autres localités, une centaine de personnes ont été blessées par balles, par des pierres ou par suffocation. La crise économique qui couvait déjà au Kurdistan s'est approfondie à la suite du référendum d'indépendance organisé par l'ancien président de région Massoud Barzani le 25 septembre, malgré la ferme opposition du pouvoir central et de la communauté internationale. Le "oui" à l'indépendance l'a largement emporté, mais Bagdad n'a jamais reconnu ce résultat ni le scrutin. Dans la foulée, les forces gouvernementales ont fait mouvement en direction du Kurdistan et se sont emparées de territoires que Bagdad et Erbil se disputaient, notamment la riche province pétrolière de Kirkouk, réduisant de moitié les revenus pétroliers de la région autonome. Le pouvoir central, en position de force, a en outre fermé l'espace aérien international pour les liaisons avec les deux aéroports du Kurdistan: beaucoup de compagnies privées kurdes et étrangères ont ensuite fermé leurs portes. (Belga)

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