Introniser Philippe le 21 juillet : le bon plan com'

21/07/13 à 10:00 - Mise à jour à 10:00

Source: Le Vif

Succès de foule assuré, en ce 21 juillet. Faire coïncider l'intronisation du septième roi des Belges avec le jour de liesse populaire qu'est la Fête nationale évite d'en faire un test de popularité uniquement focalisé sur Philippe.

Introniser Philippe le 21 juillet : le bon plan com'

© Image Globe

Retour aux sources pour les Saxe-Cobourg. Jamais depuis Léopold Ier en 1831, un roi des Belges n'a été intronisé un 21 juillet. Mieux : jamais un roi des Belges n'est monté sur le trône un jour de Fête nationale, qui était célébrée jusqu'en 1890 le 27 septembre.

Philippe innove. Et pour cause. Cette fois, ce n'est pas le décès du souverain qui dicte l'avènement au trône. Mais l'abdication mûrement réfléchie d'Albert II, qui n'a pas agi sous la contrainte de circonstances politiques.

Le passage royal de témoin a donc pu être soigneusement programmé. Et retenir le 21 juillet, journée classique de liesse populaire, est un choix heureux. Habile à tous points de vue.

Sur le plan financier, tout d'abord, sujet toujours très sensible en période de crise. A fortiori quand les dotations versées aux membres de la famille royale ont fait couler autant d'encre. Associer les cérémonies liées à l'abdication d'Albert II et à l'intronisation de son fils Philippe aux festivités traditionnelles de la Fête nationale permettait de regarder à la dépense sur le plan organisationnel. Toujours bon à prendre et à faire savoir.

Mais le tir groupé offre d'autres avantages. Il évite de surexposer Philippe en focalisant l'attention sur sa seule intronisation. Sa prestation de serment devant les Chambres réunies, sera naturellement le temps fort de la journée. Mais il aura été précédé de quelques heures seulement d'un autre moment d'intense émotion : l'abdication officielle d'Albert II.

C'est un changement de tempo par rapport à ce qui avait été jusqu'ici l'unique transmission du pouvoir royal par un père vivant à son fils, en 1951, dans des conditions autrement plus douloureuses. C'est en deux temps qu'elle s'était alors opérée : le 16 juillet, Léopold III renonçait à la couronne au profit du prince Baudouin qui n'avait prêté serment devant les Chambres réunies que le lendemain 17 juillet. A quatre jours de la Fête nationale...

Philippe deviendra donc le nouveau roi des Belges au milieu d'un agenda plus que chargé. Encadré en quelque sorte entre le Te Deum et l' abdication de son père au Palais royal d'une part, le défilé militaire et civil, la fête au Parc et le feu d'artifice d'autre part.

Le succès de foule ne peut être qu'assuré, et c'est là un autre atout de la formule. Impossible dans la masse de distinguer ceux et celles qui font le déplacement pour l'intronisation de Philippe ou pour le côté festif du programme.

Car les festivités de la Fête nationale, toujours très courues, vont donner d'autres occasions de se distraire. Oteront au passage l'envie de s'attarder en commentaires éventuellement désobligeants sur la seule prestation du nouveau roi des Belges. Et devraient dissuader d'éventuels nationalistes flamands de jouer au trouble-fête.

Ce 21 juillet, c'est champagne pour tout le monde. Singulièrement pour la famille royale au grand complet, qui saisit l'occasion de resserrer les rangs, d'afficher une unité retrouvée en communiant avec le peuple. C'est bon pour le moral. C'est toujours bon à prendre pour redorer le blason de l'institution monarchique.

Après les flonflons de la fête, on abaisse les volets. Cap sur les destinations de vacances. L'agitation politique sera en veilleuse pour quelques semaines. Un répit appréciable que va pouvoir mettre à profit le nouveau roi Philippe pour trouver ses marques. S'installer sereinement dans sa nouvelle fonction, en dehors de la pression politique. Pas du luxe. Le 21 juillet, un bon plan com'.

En savoir plus sur:

Nos partenaires