Interpol retire l'opposant kazakh Abliazov de sa liste des personnes recherchées

18/07/17 à 22:41 - Mise à jour à 22:43

Source: Belga

(Belga) Interpol a retiré l'opposant Moukhtar Abliazov, ancien banquier accusé par la Russie, le Kazakhstan et l'Ukraine de gigantesques détournements de fonds, ce qu'il a toujours démenti, de sa liste des personnes recherchées, a-t-on appris mardi de source proche de l'enquête.

L'agence de coopération policière internationale, dont le siège est à Lyon, a fait savoir le 13 juillet que l'oligarque déchu, âgé de 54 ans, ne faisait plus l'objet de "notices rouges", a précisé cette source. Les "notices rouges" sont des messages d'alerte internationaux par lesquels Interpol informe ses 190 États membres, à la demande de l'un d'entre eux, qu'un mandat d'arrêt a été délivré à l'encontre d'un individu par une autorité judiciaire. Plusieurs notices, à la demande de la Russie, du Kazakhstan et l'Ukraine, avaient été émises par l'agence à l'encontre de Moukhtar Abliazov. Elles avaient conduit à son arrestation en juillet 2013 sur la Côte d'Azur. Après trois ans et demi de détention, le Conseil d'État avait annulé en décembre, au terme d'un marathon judiciaire, le décret d'extradition vers la Russie de l'ancien banquier, estimant qu'elle avait été demandée "dans un but politique" et ne pouvait donc légalement être accordée. Moukhtar Abliazov est accusé par le Kazakhstan, la Russie et l'Ukraine d'avoir détourné des milliards de dollars en tant qu'ancien patron de la banque kazakhe BTA. Après la décision d'Interpol, "mon client est désormais libre de ses mouvements", s'est félicité son avocat Peter Sahlas. "Cette décision illustre la détermination accrue de l'agence de lutter contre les tentatives de pays corrompus d'utiliser ses services pour régler des comptes politiques internes". En avril, le Conseil de l'Europe avait mis en garde contre la tendance croissante de certains états autoritaires à abuser d'Interpol pour traquer des opposants politiques réfugiés à l'étranger. D'après les statuts de l'agence, "toute activité ou intervention dans des questions ou affaires présentant un caractère politique, militaire, religieux ou racial est rigoureusement interdite à l'organisation", qui limite son action de coopération policière aux infractions de droit commun. Le nombre des "notices rouges" a été multiplié par plus de cinq en une décennie: on en comptait 12.787 en 2016, contre 2.343 en 2005. (Belga)

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