04/06/12 à 12:34 - Mise à jour à 12:34

Interdire Sharia4Belgium ?

La patron de la Sûreté de l'Etat, Alain Winants, recommande d'interdire le groupuscule salafiste anversois Sharia4Belgium. La ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet (CDH), semble vouloir suivre cette recommandation à la lettre. Mais, à l'instar de Sharia4UK, interdit en Grande-Bretagne, le mouvement renaîtra sous un autre nom, avec le même leader charismatique ou non, héritier d'une dissidence lointaine de la confrérie des Frères musulmans (Parti islamique de la libération).

Interdire Sharia4Belgium ?

© Belga

Le remuant Fouad Belkacem, multirécidiviste de la délinquance racheté par un islam pur et dur, ne dit rien d'autre que l'orthodoxie sunnite. Que l'islam est supérieur à toutes les autres religions, que les femmes occidentales ou occidentalisées sont indignes de respect, que tôt ou tard, la Belgique devra se plier à l'ordre musulman. Mais il le dit avec truculence, en habitué des saynètes postées sur Internet. En bon français et en bon néerlandais.

Plus de 150 000 Marocains résidant en Europe ont, paraît-il, l'intention de retourner au pays. D'après le gouvernement Benkirane, ce n'est pas une option: le retour définitif des Marocains d'Europe entraînerait trop de problèmes d'intégration, d'éducation et de santé. L'exemple de Belkacem ne doit pas les rassurer.

Sharia4Belgium est donc une affaire typiquement belge. Après s'être exercé à Anvers, le gourou de Sharia4Belgium se rapproche de Bruxelles, où il est tombé sur les salafistes illuminé de "Aidons les pauvres", qui distribuent de la nourriture à la gare du Nord et prêchent la bonne parole.

Après les élections françaises, Belkacem et sa petite bande ont perturbé la conférence d'un cheihh salafiste "piétiste" de la mosquée Amal d'Anderlecht (oui, oui, celle filmée par Frédéric Deborsu pour la RTBF, dans le reportage qui a fait couler tellement d'insultes et de passions).

Tant que sa condamnation à deux ans de prison pour incitation à la haine n'est pas jugée en appel, le bonhomme a les coudées franches. Et il en profite

Marie-Cecile Royen

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