Inondations : le gouvernement wallon évalue le plan Pluies

24/11/10 à 13:21 - Mise à jour à 13:21

Source: Le Vif

Le gouvernement wallon procède actuellement à l'évaluation de l'action de la Région et de ses services après les dernières inondations. En fonction de celles-ci, il déterminera les améliorations qu'il apportera éventuellement au plan Pluies, a indiqué le ministre-président Rudy Demotte en réponse à de nombreuses interpellations au parlement wallon.

Inondations : le gouvernement wallon évalue le plan Pluies

© Reuters

M. Demotte a toutefois ouvert quelques pistes. Une réflexion est en cours sur l'adoption d'un règlement régional d'urbanisme en vue de restreindre plus encore les conditions d'urbanisation dans les zones à risque. La cartographie des zones inondables est également actualisée et tiendra compte des dernières inondations.

Faudra-t-il pour autant rendre ces cartes contraignantes? L'opposition MR s'est montrée réticente, invoquant les difficultés pratiques d'une telle mesure. "J'insiste sur l'importance de laisser une certaine liberté. Et aux communes! Et aux habitants! Je préfère l'information et la responsabilisation à la contrainte", a expliqué Florence Reuter.

Le ministre-président est revenu sur le problème de concertation qui s'est posé avec le niveau fédéral et le Flandre sur l'ouverture de la vanne de Lembeek. Il a dû en effet intervenir personnellement auprès de la ministre de l'Intérieur pour qu'une réunion d'urgence entre experts ait lieu mais il a relativisé la portée communautaire de l'incident. "Ce n'est pas un problème communautaire mais bien un problème de procédure avec le fédéral auquel nous avons été confrontés. C'est un problème isolé mais qui a revélé la nécessité d'améliorer le dispositif", a-t-il fait remarquer.

Au-delà des actions entreprises ou à entreprendre, M. Demotte a rappelé le caractère tout à fait exceptionnel de ces inondations: la période de retour pluricentennale (la probabilité que le phénomène se reproduise) va de 500 ans pour la Dyle à plus de 1000 ans pour la Senne. "Le risque zéro n'existe pas. Aucun gouvernement n'a le pouvoir d'arrêter la pluie", a-t-il ajouté.

Le sujet de ces inondations est vaste et suscite un grand nombre de questions dont le débat parlementaire s'est fait l'écho. Xavier Desgain (Ecolo) a rappelé le contexte global des changements climatiques.

Edmund Stoffels (PS), Maxime Prévot (cdH), Florence Reuter (MR) et Jean-Paul Wahl (MR) ont évoqué la nécessité de centraliser la gestion des cours d'eau, le centriste et les réformateurs faisant remarquer qu'en 2004, un décret a transféré les cours d'eau provinciaux à la Région mais qu'il n'a toujours pas été mis en oeuvre. "Les provinces n'investissent plus et la Région pas encore", a souligné M. Wahl.

Le ministre des Travaux publics, Benoît Lutgen, a pris contact avec les autorités provinciales et les a invitées à poursuivre leurs investissements, la Région s'engageant à les prendre en compte, a assuré M.

Demotte.

L'urbanisation massive et ses effets sur la perméabilité des sols ont aussi été mis en cause. "Deux mille hectares sont urbanisés chaque année en Wallonie", a souligné Véronica Cremasco (Ecolo).

Le débat a donné lieu à des interventions plus personnelles, tant ces inondations ont eu des conséquences dramatiques sur certaines localités. Le Tubizien Benoît Langendries (cdH) a rappelé la situation de sa commune particulièrement sinistrée avec 400 maisons inondées dans le centre-ville. Jean-Luc Crucke (MR), bourgmestre de Frasne-lez-Anvaing, a raconté comment il avait été renvoyé de Charybde en Scylla lorsqu'il a demandé ce qui se passait avec une écluse à Oudenaarde.

Poussé dans ses derniers retranchements, il a finalement décidé de fermer la route entre Renaix et Tournai tant que le problème n'était pas résolu.

Le Vif.be, avec Belga

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