Incendie du camp de migrants de Grande-Synthe: les réfugiés n'ont plus accès aux halls sportifs

14/04/17 à 10:55 - Mise à jour à 10:56

Source: Belga

(Belga) Les halls sportifs où pouvaient s'abriter les occupants du camp incendié de la Linière, à Grande-Synthe (nord de la France), ont été fermés jeudi soir, confirme vendredi l'ASBL flamande Humain. Des centaines de réfugiés ont disparu.

Environ un tiers des habitants du camp de Grande-Synthe, soit entre 500 et 600 personnes, séjournaient dans des halls sportifs depuis l'incendie qui a ravagé le site dans la nuit de lundi à mardi. Il s'agissait surtout de familles. Mais le préfet de la région Nord, Michel Lalande, a fait évacuer les trois centres sportifs. "Cela a entraîné un chaos complet", affirme Patrick Legein de l'ONG Humain, qui se trouvait sur place au moment de l'annonce jeudi soir. "Les gens n'avaient pas vraiment le choix. Soit ils prenaient le bus en direction des CAO (centres d'accueil et d'orientation), soit ils disparaissaient. Les gens restent dans l'ignorance sur leur sort et doivent chaque fois attendre dans la peur ce qui va leur arriver. La pagaille humanitaire dans la région ne cesse d'augmenter." Les autorités françaises ont entrepris mercredi de déplacer les migrants sans abri vers des centres d'accueil, comme elles l'avaient fait après le démantèlement de la Jungle de Calais. Mais ceux-ci n'y reçoivent souvent ni lit, ni nourriture, selon Humain. L'association dit avoir entendu que certains réfugiés envoyés en bus dans un CAO étaient de retour à Dunkerque dès le lendemain. Vendredi, on était sans trace d'une centaine de personnes. Beaucoup ont essayé de retourner au Camp de la Linière, mais l'accès leur a été refusé. Pendant ce temps, les trafiquants d'êtres humains s'activent. "Nous avons vu des familles payer pour avoir une place dans la nouvelle jungle", rapporte Patrick Legein. "L'emprise sur les familles les plus vulnérables des trafiquants d'êtres humains, qui entretiennent le rêve du Royaume-Uni, est à nouveau douloureusement manifeste." Pour l'humanitaire, les autorités françaises doivent de toute urgence mettre en place une solution structurelle afin d'éviter le développement d'une nouvelle "jungle". (Belga)

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