Imposer un traitement pour les radicalisés, comme pour les délinquants sexuels

04/06/18 à 15:29 - Mise à jour à 15:30

Source: Belga

(Belga) La Justice devrait être en mesure d'imposer un parcours de désengagement aux détenus radicalisés comme elle peut le faire pour les délinquants sexuels, a suggéré lundi le ministre de la Justice, Koen Geens, en commission de la Chambre. Le suivi de ce "traitement" conditionnerait l'octroi de congés pénitentiaires, un régime de détention restreinte, etc.

Actuellement, il n'est pas possible d'imposer aux prisonniers de suivre une formation, de consulter un psychologue, etc. Les détenus radicaux "contagieux" (recruteurs, meneurs, idéologues) sont enfermés dans des ailes distinctes à Ittre et Hasselt. La question se pose aussi de savoir que faire avec les détenus radicaux "non contagieux". Il n'est pas possible de leur imposer un processus de déradicalisation. "C'est quelque chose qui me fait peur", a souligné M. Geens. La suggestion a été formulée au cours d'un échange de vues à propos de la tuerie de Liège, commise par Benjamin Herman, un détenu de droit commun qui semble s'être radicalisé pendant son séjour en prison. Le ministre a longuement détaillé le parcours pénitentiaire de l'individu, fait de récidives et de longues privations de sorties qui ont suivi, de plusieurs congés qui se sont correctement déroulés avant les événements dramatiques du 29 mai, survenus lors d'un congé. A entendre le ministre, le tueur présentait jusqu'alors un profil classique. "Nous avons affaire à un jeune détenu, soumis dès son jeune âge à la consommation de drogue, à l'intelligence faible et très influençable. Un profil que l'on rencontre souvent dans nos prisons", a-t-il souligné. Le ministre a défendu le travail fourni par les différents services qui ont contrôlé et pris en charge Benajamin Herman. "Je n'ai pas le sentiment que des fautes qui auraient absolument dû être évitées ont été commises". (Belga)

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