Immigration: l'OCDE appelle à sortir des discours "abstraits" pour contrer le populisme

19/09/16 à 11:48 - Mise à jour à 11:50

Source: Belga

(Belga) Les arrivées de migrants ont augmenté de 10% en 2015 dans les pays développés, selon l'OCDE qui a appelé lundi leurs gouvernements à sortir des discours "abstraits" pour lutter contre les crispations croissantes de leurs opinions publiques.

Immigration: l'OCDE appelle à sortir des discours "abstraits" pour contrer le populisme

Immigration: l'OCDE appelle à sortir des discours "abstraits" pour contrer le populisme © BELGA

Environ 4,8 millions de personnes ont immigré dans les pays les plus industrialisés l'an dernier, selon un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié le jour où l'ONU organise son premier sommet consacré aux migrations. L'Allemagne a enregistré le plus grand nombre de demandes d'asile entre mai 2015 et avril 2016 avec 573.360 demandes, suivie des Etats-Unis avec 150.875 demandes et de la Suède avec 150.273 demandes. La Belgique occupe la 11e place avec 39.459 demandes. Parmi elles, les demandeurs d'asile ont représenté 1,65 million de personnes, dont "environ 1,3 million" en Europe, un afflux record qui a nourri la poussée de partis d'extrême droite, en Autriche, Allemagne, France ou encore Hongrie. De l'autre côté de l'Atlantique, surfant lui aussi sur les peurs que génèrent ces flux, le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump promet de construire un mur à la frontière avec le Mexique et d'expulser une grande partie des sans-papiers. "La confiance des citoyens dans la capacité de leur gouvernement à gérer les migrations tend à s'effriter", et dans de nombreux pays "une part croissante de la population adhère aux discours extrêmes rejetant l'immigration", regrette Stefano Scarpetta, directeur de l'emploi, du travail et des affaires sociales à l'OCDE, en introduction du rapport. Pour lui, les études montrant "les effets positifs à moyen et long terme" des migrations sur l'économie restent des arguments "abstraits", qui ne font "que prêcher des convaincus", et le message "ne porte pas". Les inquiétudes de l'opinion publique sont connues, que liste l'OCDE: des migrations hors de contrôles, qui ne profiteraient qu'aux riches, aggraveraient la pression sur les services au niveau local "au détriment des populations déjà installées"... Sur ce point, l'organisation souligne que les études se sont surtout intéressées à l'échelon national, "bien que l'impact soit principalement ressenti au niveau local". Et il faut reconnaître "que l'impact de la migration n'est pas le même pour tout le monde", estime M. Scarpetta. D'abord parce que les immigrés se concentrent presque toujours dans des régions "souvent les plus défavorisées", où ils peuvent concurrencer la main d'oeuvre locale peu qualifiée. Ensuite parce qu'ils utilisent les services publics. Transports, écoles.... "les infrastructures locales peuvent être mises sous pression par des flux importants", reconnaît l'OCDE. C'est pourquoi "les gouvernements doivent trouver de meilleurs arguments, plus tangibles, afin de contrer les voix anti-immigration", martèle M. Scarpetta. Sans quoi "à terme, cela ne ferait qu'encourager le populisme, déjà très véhément". Ils doivent notamment veiller à ce que les employeurs n'embauchent pas au noir ces migrants. (Belga)

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