Il n'y a pas de problème de financement du tax shift, selon Van Overtveldt

28/10/15 à 18:19 - Mise à jour à 18:19

Source: Belga

Le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, a contesté l'existence d'un "trou dans le tax shift", après l'entretien accordé par sa collègue du Budget, Sophie Wilmès, au journal 'Le Soir'. Il reconnaît toutefois que des mesures supplémentaires devront être prises pour atteindre l'équilibre budgétaire en 2018.

Il n'y a pas de problème de financement du tax shift, selon Van Overtveldt

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Selon la nouvelle ministre du Budget (MR), le gouvernement devra trouver 2 milliards d'euros en 2018, et peut-être 3 milliards en 2019. "Le tax shift est totalement financé jusque et y compris en 2018", a affirmé le ministre N-VA dans un communiqué en néerlandais.

M. Van Overtveldt insiste en revanche sur la nécessité d'un suivi du budget. "Pour arriver à un équilibre en 2018, des mesures supplémentaires seront nécessaires. Les deux milliards d'euros cités aujourd'hui ne sont pas exacts. Ces chiffres ne tiennent pas compte des effets retour qui ont été estimés de manière très prudente. L'accord conclu au sein du gouvernement, comme l'a confirmé le Premier ministre, veut que nous maintenions le budget sur sa trajectoire grâce à des économies et que nous gardions le cap grâce à des réformes structurelles. Pour ce faire, le Premier ministre installera un comité de monitoring qui suivra de près ces réformes", a ajouté le ministre des Finances.

M. Van Overtveldt a insisté sur l'"honnêteté" du discours gouvernemental. "Les gouvernements précédents ont financé leurs dépenses en créant des dettes ou ne les finançaient tout simplement pas, comme dans le cadre du pacte de compétitivité. Nous disons honnêtement que les baisses de charges sur le travail doivent être compensées ailleurs", a-t-il conclu.

Interrogée mercredi en Commission de la Chambre, Mme Wilmès a précisé ses propos. Les 2 milliards d'euros sont à mettre en perspective dans un budget de plus de 170 milliards d'euros. Et chaque année, les derniers gouvernements ont été confrontés à des exercices budgétaires où ils devaient trouver plusieurs milliards d'euros. "Je ne minimise pas non plus. Il y a des responsabilités à prendre et un cap budgétaire à tenir", a-t-elle dit.

La ministre MR a aussi mis en avant les effets retour des mesures prises, tant par l'augmentation du pouvoir d'achat que par la baisse des charges. "Cela va influencer positivement le trajet financier et budgétaire. Tous ces effets positifs, il faut en tenir compte."

Le cdH a pointé du doigt ce qu'il considère comme la confirmation de ses craintes à propos de la réforme fiscale annoncée par l'équipe du Premier ministre Charles Michel. "Quand le gouvernement se rendra compte que les nouvelles taxes qu'il a mises en place ne rapporteront pas autant qu'escompté, il devra poser des choix, soit il poursuivra dans cette voie et sortira de nouvelles taxes de son chapeau, soit il procédera à de nouvelles coupes aveugles dans les services publics, soit, enfin, solution de facilité à court terme, il procédera à la vente des bijoux de famille (BPost, Proximus, ..). Dans tous les cas, le citoyen risque à nouveau de payer le prix fort", a fait remarquer le député Benoît Dispa.

Les indications sur les moyens qui devront être trouvés n'étonnent pas non plus le PS. Selon lui, le premier programme de "tax shift" de juilet faisait apparaître une somme d'1,7 milliard d'euros non financée, à laquelle s'est ajouté 1,1 milliard il y a trois semaines, a souligné Ahmed Laaouej. "Il n'est pas sérieux de faire croire qu'on donne cent euros aux gens alors que ce n'est pas financé et que l'on viendra les leur réclamer plus tard d'une manière ou d'une autre", a dénoncé Ahmed Laaouej. Georges Gilkinet (Ecolo) a déploré la "légèreté" du gouvernement.

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