Hooligans à la Bourse: "Nous ne nous laisserons intimider ni par les uns ni par les autres"

27/03/16 à 19:30 - Mise à jour à 20:48

Source: Belga

Les débordements, causés par plusieurs centaines de hooligans, qui se sont produits dimanche après-midi sur la place de la Bourse à Bruxelles, lieu de recueillement après les attentats de mardi, ont été condamnés par la plupart des partis politiques du pays.

Hooligans à la Bourse: "Nous ne nous laisserons intimider ni par les uns ni par les autres"

© Capture d'écran Twitter

Le député-bourgmestre MR d'Etterbeek Vincent De Wolf a jugé dimanche totalement incompréhensible que tout n'ait pas été fait pour arrêter les hooligans extrémistes de droite venus semer le trouble sur le lieu de recueillement des Belges après les attentats de mardi dernier, avant leur arrivée à Bruxelles, et en particulier à Vilvorde.

"Quand on voit que ces gens se rassemblent à deux endroits à Vilvorde, affichant des comportements séditieux, tenant des propos racistes, en violation de la loi sur le racisme et la xénophobie, qu'attend-t-on pour les arrêter au moins administrativement", a commenté M. De Wolf, interrogé par l'agence Belga.

Selon le chef de file libéral, le bourgmestre qui est aussi un représentant du pouvoir fédéral, a le devoir de veiller au maintien de l'ordre public et à la sécurité de la population.

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, et le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur, avaient clairement signifié mardi que toute manifestation serait interdite. En l'occurrence, c'est une "faute évidente" dans le chef du bourgmestre de Vilvorde, Hans Bonte, de ne pas avoir fait en sorte que l'on ait pu éviter cet exemple de rassemblement désastreux pour l'image de Bruxelles et de la Belgique, a encore dit Vincent de Wolf.

Ecolo condamne la récupération par l'extrême droite

Les écologistes francophones ont condamné dimanche la récupération d'un moment et d'un espace de recueillement par l'extrême droite, à la suite des débordements qui se sont produits dimanche après-midi sur la place de la Bourse à Bruxelles.

"Nous ne nous laisserons intimider ni par les uns ni par les autres", ont commenté les co-présidents d'Ecolo, Zakia Khattabi et Patrick Dupriez, dans un communiqué.

A leurs yeux, l'extrême droite, comme le groupe djihadiste État islamique (EI), "recherchent division, discorde et chaos. Ce sont les deux faces d'une même médaille".

"Nous ne céderons de l'espace ni aux uns ni aux autres. C'est bien la voie empruntée par ces milliers d'hommes et de femmes, qui se recueillent chaque jour à la Bourse, qui nous permettra de sortir unis et plus forts d'une telle épreuve", ont-ils ajouté.

CD&V, Open Vld, Groen et sp.a condamnent "unanimement", la N-VA garde ses distances

Les présidents du CD&V, de l'Open Vld, de Groen et du sp.a ont condamné "unanimement", dans un communiqué commun, les débordements survenus dimanche après-midi à Bruxelles et à l'occasion desquels "500 extrémistes et hooligans ont pris possession des lieux à la place de la Bourse pour entre autres scander des slogans d'extrême-droite et troubler sérieusement l'ordre public".

De son côté, le président de la N-VA, Bart De Wever, a préféré garder ses distances, pour selon lui, ne pas donner trop d'importance aux hooligans et parce qu'il n'y a pas eu de condamnation commune après les attentats.

"La place de la Bourse, à Bruxelles, s'est transformée cette semaine en symbole de tristesse, d'espoir et de résilience. Elle est devenue un forum où des milliers de citoyens ont adressé un signal clair au monde: le terrorisme ne peut mettre à mal notre vivre ensemble. Nous prenons aussi en les termes les plus clairs possibles nos distances avec une petite minorité porteuse de haine qui tente de miner par cette action la solidarité et la sérénité. Qui sème la division, et prêche la haine, fait le jeu des ennemis de la démocratie", ont souligné Meyrem Almaci (Groen), John Crombez (sp.a), Gwendolyn Rutten (Open Vld) et Wouter Beke (CD&V).

"Plus on accorde de l'attention aux hooligans, plus grands ils se croient", a commenté pour sa part le porte-parole du président de M. De Wever, expliquant par ailleurs les raisons du refus de celui-ci de co-signer le communiqué par l'absence de déclaration commune après les attentats.

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