Harcèlement: aux USA, 220 femmes diplomates et militaires rejoignent le mouvement #metoo

29/11/17 à 22:34 - Mise à jour à 22:35

Source: Belga

(Belga) Plus de 220 femmes diplomates, militaires et spécialistes de la sécurité nationale aux Etats-Unis ont rejoint le mouvement #metoo (moi aussi) dans une lettre ouverte où elles affirment que le harcèlement sexuel est répandu dans leur profession.

Dans cette lettre ouverte publiée en ligne lundi soir, ces femmes du secteur de la sécurité nationale disent être victimes d'abus et de discrimination, et affirment que comme dans le secteur privé, leurs plaintes sont ignorées. "Nous aussi, nous avons subi le harcèlement sexuel, des agressions sexuelles ou des abus, ou nous connaissons des femmes à qui c'est arrivé", écrivent-elles. "Ce n'est pas un problème qui ne concerne qu'Hollywood, la Silicon Valley, les médias ou le Congrès. Ces abus sont dus à un déséquilibre des pouvoirs et à des environnements qui permettent de telles pratiques tout en réduisant les victimes au silence ou en leur faisant honte", ajoutent-elles. Parmi les signataires on trouve plusieurs femmes ayant occupé ou occupant des fonctions élevées au ministère de la Défense, au département d'Etat, à la Maison Blanche et dans les agences de renseignement, 60 anciennes et actuelles ambassadrices, notamment l'ancienne ambassadrice américaine au Pakistan Wendy Chamberlin, une ex-chef d'Etat-major au Conseil à la Sécurité nationale de la Maison Blanche, Suzy George, et l'ancienne secrétaire d'Etat adjointe aux Droits de l'Homme Sarah Sewall. Elles disent que malgré la proportion importante de femmes qui entrent dans ces ministères en début de carrière, beaucoup abandonnent et elles sont peu nombreuses à parvenir à des postes à responsabilité. "Beaucoup de femmes sont freinées ou éloignées du secteur par des hommes qui usent de leur pouvoir pour, au pire, les agresser sexuellement ou, au mieux, perpétuer --parfois inconsciemment-- un environnement qui réduit les femmes au silence, les dénigre, les rabaisse ou les néglige", ajoutent les signataires dans leur lettre ouverte. Elles réclament aussi une formation obligatoire pour tous sur les questions de harcèlement sexuel et la création de canaux multiples, clairs et privés pour dénoncer les abus. Elles suggèrent enfin des enquêtes auprès de toutes les femmes quittant un emploi au sein du gouvernement pour avoir une meilleure idée de l'étendue du problème. (Belga)

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