Haïti: le gouvernement maintient la présidentielle dimanche malgré les inquiétudes

22/01/16 à 06:28 - Mise à jour à 06:28

Source: Belga

(Belga) Le gouvernement haïtien a confirmé jeudi le maintien de la présidentielle dimanche pour éviter le risque de plonger le pays "dans le chaos", malgré le refus de l'opposition d'y participer, les craintes de violences et les inquiétudes de la communauté internationale.

Haïti: le gouvernement maintient la présidentielle dimanche malgré les inquiétudes

Haïti: le gouvernement maintient la présidentielle dimanche malgré les inquiétudes © BELGA

"Depuis que j'ai prêté serment en 2011, j'ai toujours dit que j'allais partir le 7 février 2016", a déclaré le président Michel Martelly dans une adresse à la nation diffusée jeudi soir. "C'est pour cela que nous voulons que la date du 24 janvier soit respectée. Les élections doivent être réalisées et seront réalisées dans l'ordre et la discipline", a assuré le chef de l'Etat. Depuis deux mois, l'opposition dénonce "un coup d'Etat électoral" fomenté par M. Martelly, qui ne peut pas prétendre à un second mandat consécutif en vertu de la Constitution. Au premier tour du scrutin présidentiel le 25 octobre, le candidat du pouvoir Jovenel Moïse a recueilli 32,76% des voix, contre 25,29% pour Jude Célestin. Ce dernier, qui n'a pas fait campagne, avait indiqué lundi à l'AFP qu'il refusait de participer au scrutin de dimanche. "Pour le 24 c'est non, je n'irai pas à cette farce, ça ne sera pas une élection, ça sera une sélection parce qu'il y aura un seul candidat", a affirmé M. Célestin. La Commission indépendante d'évaluation électorale a conclu que le scrutin du 25 octobre avait été "entaché d'irrégularités". Elle avait également taclé le conseil électoral provisoire (CEP), chargé de l'organisation des scrutins, en affirmant que "plus de 60% des membres de bureaux de vote n'étaient pas capables d'accomplir correctement le travail demandé". Assurant que les membres de bureaux de vote seraient mieux formés, le CEP a ordonné la poursuite du processus et fixé au 24 janvier le second tour de la présidentielle et des législatives partielles, initialement prévus le 27 décembre. Plusieurs milliers d'opposants ont manifesté lundi et mardi dans la capitale contre la tenue de ces élections, bloquant plusieurs rues du centre-ville avec des barricades. Ce qui a notamment occasionné des affrontements musclés avec la police. De leur côté, les principales organisations d'observations électorales haïtiennes avaient fait savoir dès lundi dans un communiqué "qu'elles n'observeront pas la 'consultation' programmée le 24 janvier 2016, que le CEP veut faire passer pour des 'élections'". (Belga)

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