Gwendolyn Rutten : "Un nouveau modèle économique est en marche"

22/05/15 à 10:17 - Mise à jour à 10:31

Source: Le Vif/l'express

"C'est une illusion de croire que tout peut rester comme avant !", martèle la présidente de l'Open VLD, pour justifier les réformes fédérales.

Gwendolyn Rutten : "Un nouveau modèle économique est en marche"

Gwendolyn Rutten, la présidente de l'Open VLD. © Belga - BRUNO FAHY

A 39 ans, Gwendolyn Rutten, présidente de l'Open VLD, incarne une nouvelle génération décomplexée arrivée au pouvoir. Qui ne manie pas la langue de bois.

Le Vif/L'Express: Vous avez tapé du poing sur la table pour rappeler à l'ordre la majorité dans le cadre du débat sur le tax-shift. C'était nécessaire ?

Gwendolyn Rutten : Oui, parce que ce débat est mené de façon erronée. Ces dernières semaines, on a surtout vu des propositions de nouvelles taxes : attaque sur le revenu cadastral, volonté d'augmenter fortement la TVA, taxation des loyers... C'est un mauvais signal envoyé à ceux qui travaillent ou ont travaillé. Or, ce gouvernement s'est engagé à réduire la pression fiscale.

Ce débat est crucial pour l'Open VLD, en ce début de législature ?

Avec le MR, nous voulons soutenir ceux qui veulent avancer dans la vie. Un des problèmes de ce pays, c'est que nous misons beaucoup trop sur les emplois créés par les autorités publiques, pas assez sur leur capacité à investir et à garantir un bon service. Regardez la SNCB : trop de gens travaillent pour l'Etat, mais on oublie d'investir. Nous y consacrons près de 3,5 milliards d'euros par an, c'est énorme ! Or, alors que nous étions pionniers dans les chemins de fer, nous avons aujourd'hui l'impression aujourd'hui d'être cent ans en retard.

Il y a donc de la marge pour réformer la SNCB en dépensant moins ?

Bien sûr. Que ce soit clair : il y a des gens qui travaillent dur à la SNCB. Mais je constate : il y a un absentéisme de 80 jours par an de la part de personnes qui pourraient travailler normalement, 95 % du personnel est statutaire, les absences pour maladies sont trop importantes, certains partent à la prépension trop tôt alors qu'on ne peut plus se le permettre... La ministre Jacqueline Galant a une vision claire à ce sujet. La SNCB n'est pas là pour les protéger en pratiquant le clientélisme, mais pour faire en sorte que les voyageurs soient satisfaits. Idem pour les sociétés de transport régionales. La situation actuelle n'est pas saine. Selon moi, l'autorité doit définir la politique, mais proposer de l'exécuter à ceux qui en ont la meilleure capacité sur le marché.

Cela signifie une privatisation partielle des transports ?

C'est un chemin que nous empruntons, oui, et c'est logique. Il faut laisser davantage de place à l'initiative privée. L'Etat ne peut plus tout faire ! L'évolution de bpost est un succès, Belgacom est une société fondamentalement différente de l'ancienne RTT et nous devons tout faire pour éviter que la SNCB ne suive le chemin de la Sabena. Il est arrivé ce qui est arrivé à cette dernière, mais aujourd'hui, un nouveau marché aérien s'est développé, meilleur marché pour les citoyens, avec de nouvelles destinations. Autant de choses auxquelles on ne pensait pas quand nous n'osions pas abandonner le monopole de l'Etat. Un nouveau modèle économique est en marche. Uber, la plus grande société de taxis au monde, ne possède aucune voiture ; AirBNB, la plus grande société de location de logements au monde, aucun bâtiment ; Facebook, le plus grand média au monde, n'offre pas de contenu. Je ne parle pas des sociétés, mais de leur modèle ! Ce sont les gens eux-mêmes qui veillent aujourd'hui à l'octroi de services, plus les entreprises et encore moins l'Etat. Tout n'est pas parfait, il faut bien sûr de la régulation, mais ce sont des évolutions que l'on ne peut pas arrêter ni interdire !

On dit votre génération pragmatique...

Parfaitement. Lors des négociations gouvernementales, cet été, en dépit des différences idéologiques, nous nous sommes retrouvés autour d'un objectif commun. C'était un sentiment unique de pouvoir réaliser des choses impossibles auparavant. Charles Michel, Wouter Beke et moi allons avoir 40 ans, Bart De Wever vient de les avoir, nous avons grandi dans le même contexte, nous avons tous des jeunes enfants et cela nous unit. A nous de montrer que l'on peut préparer notre société à ces changements irrémédiables. C'est une illusion de penser que tout restera comme avant !

L'intégralité de l'entretien et le dossier "Ces quadras qui bousculent la politique belge", dans Le Vif/L'Express de ce jeudi

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