Grogne sociale en Tunisie - Nouveaux heurts au nord-ouest de la Tunisie, calme dans le reste du pays

12/01/18 à 03:21 - Mise à jour à 03:22

Source: Belga

(Belga) La soirée a été calme jeudi en Tunisie sauf à Siliana, dans le nord-ouest du pays, où de nouveaux heurts sporadiques entre des jeunes et des policiers ont eu lieu. Des dizaines de jeunes y sont descendus dans les rues et ont jeté des pierres sur des agents sécuritaires qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogène, a observé l'AFP sur place. Samedi, une réunion entre partis politiques et organisations syndicales et patronales tentera d'apporter des réponses à la grogne sociale, a indiqué la présidence.

La situation était calme jeudi soir à Sidi Bouzid, ainsi qu'à Kasserine et à Tebourba, où des heurts avaient eu lieu les soirées précédentes. Les troubles alimentés par une grogne sociale persistante ont éclaté lundi, à l'approche du septième anniversaire de la chute du dictateur Zine el Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011, chassé du pouvoir par une révolution réclamant notamment travail et dignité. Le mois de janvier est traditionnellement une période de mobilisation sociale en Tunisie, où le contexte est particulièrement tendu cette année en raison de hausses de prix, et des élections municipales, les premières de l'après-révolution, prévues en mai. Si les troubles ont surtout lieu en soirée, des manifestations pacifiques se sont par ailleurs organisées en journée. Jeudi midi, plusieurs dizaines de chômeurs se sont ainsi rassemblés dans le centre de Sidi Bouzid, ville pauvre du centre du pays d'où était parti le soulèvement de fin 2010. Le mouvement "Fech Nestannew" ("Qu'est-ce qu'on attend"), qui a lancé en début d'année la contestation contre la hausse des prix, a appelé à une nouvelle mobilisation vendredi. Le lendemain, les principaux partis politiques et organisations syndicales et patronales se réuniront pour tenter d'apporter des réponses à la grogne sociale, a indiqué la présidence tunisienne. Le gouvernement s'est jusque-là montré ferme, condamnant le "vandalisme" et accusant les manifestants d'être manipulés par l'opposition. Trois responsables locaux du Front populaire, parti de gauche, ont été arrêtés jeudi à Gafsa sur la base d'un témoignage les accusant d'avoir discuté avec des jeunes qui ont ensuite incendié un commissariat, a d'ailleurs indiqué un cadre du parti. La veille, la police de Kasserine avait indiqué à un correspondant de l'AFP avoir arrêté un leader politique de gauche avec quelque 2.000 dinars en poche destinés à rémunérer des agitateurs. (Belga)

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