Live Grève tournante : les syndicats se disent prêts à poursuivre les actions après le 15 décembre

01/12/14 à 06:33 - Mise à jour à 19:25

Les syndicats se félicitaient de la mobilisation dans les différents secteurs d'activité pour ce second jour de grèves tournantes, qui touchent les provinces de Liège, Namur, Flandre orientale et Flandre occidentale. Le secrétaire général de la FGTB assurait également que "toutes les dispositions seront prises" si l'action syndicale devait se poursuivre après la grève générale du 15 décembre prochain.

Grève tournante : les syndicats se disent prêts à poursuivre les actions après le 15 décembre

© Belga

  • Le rail à nouveau fortement perturbé en soirée

    La circulation ferroviaire était fortement perturbée lundi soir à la fin de la journée de grève dans les provinces de Liège, de Luxembourg, de Flandre orientale et de Flandre occidentale. Seuls 40% des véhicules ont roulé entre 16 et 18h sur les 20 principales lignes du réseau, soit 8% de moins qu'en matinée, fait savoir Infrabel.

    Au total, quelque 381 trains ont été partiellement ou totalement supprimés. Aucun train n'a circulé sur les lignes reliant Bruxelles et Namur, Bruxelles et Liège, Bruxelles et Ostende ainsi que sur le segment de la dorsale wallonne entre Namur et Liège. Seuls 38% des véhicules ont roulé entre Namur et Mons et à peine 44% entre Bruxelles et Tournai.

    Le trafic international s'est déroulé sans encombre vers Paris et Londres, mais les lignes à grande vitesse en direction de l'Allemagne n'ont pas été desservies.

  • Aucun incident majeur en province de Namur

    Luc Giltay, secrétaire régional adjoint de la FGTB Namur, et Thierry Jacques, secrétaire fédéral de la CSC Namur-Dinant, étaient lundi en fin de journée très satisfaits de la mobilisation dans le cadre des grèves tournantes qui se sont déroulées dans quatre provinces, dont celle de Namur. Aucun incident majeur n'est à déplorer.

    Luc Giltay déclare avoir eu peu d'incidents rapportés par la police ou les responsables syndicaux. Il évoque toutefois quelques "frictions" aux abords des barrages filtrants dressés à l'entrée de plusieurs zonings.

  • Des embarras de circulation sur le ring et dans le centre de Bruxelles

    La circulation dans le centre et sur le ring de Bruxelles est difficile lundi soir, en raison des grèves tournantes qui ont touché une partie du pays, a indiqué Hajo Beeckman, du centre flamand du trafic.

    Selon ce dernier, le trafic est particulièrement dense sur le ring en direction de Koekelberg et de l'E40 à Grand-Bigard. Un accident à Zellik complique encore la situation. Les files sont également longues en direction du carrefour Léonard et de l'autoroute E411.

    Par contre, au nord du pays, la situation est calme en Flandre orientale et en Flandre occidentale, tout comme à Anvers.

  • Une mobilisation encore plus importante le 15/12 dans l'arrondissement de Verviers

    Le blocage des zonings des Plenesses et de Petit-Rechain, dans le nord de l'arrondissement de Verviers, a pris fin en milieu d'après-midi, ont annoncé les organisations syndicales. La mobilisation a été plus importante qu'espérée, relève le front commun FGTB-CSC qui annonce des actions de plus grande ampleur le 15 décembre prochain, jour de la grève nationale.

  • Brussels Airlines ajuste ses vols européens en prévision des grèves

    La compagnie aérienne Brussels Airlines a ajusté le programme de ses vols des 8 et 15 décembre, en raison des prochaines grèves annoncées. "En fonction des perturbations à attendre, le programme des vols du 8 et 15 décembre sera d'ores et déjà ajusté afin de pouvoir proposer aux passagers Brussels Airlines des alternatives de vols appropriées", souligne la compagnie.

    "Brussels Airlines met tout en oeuvre pour opérer ses vols, mais doit anticiper un impact éventuel sur ces opérations de vols dû aux différents mouvements de grève. Le 8 et 15 décembre sont des jours de grande affluence pour Brussels Airlines, avec respectivement 22.000 et 21.400 passagers empruntant un des vols de la compagnie aérienne."

    Les passagers ont aussi la possibilité de demander le remboursement de leur billet si leur vol a été annulé. Depuis le 21 novembre dernier, la compagnie permet aussi aux passagers de choisir gratuitement une autre date de voyage s'ils choisissent de ne plus voyager durant ces jours. La liste des vols d'ores et déjà annulés pour les deux jours de grève a été publiée sur le site de la compagnie.

  • Vincent genot

    De Lijn: des perturbations jusqu'à la fin de la journée

    Les perturbations devraient durer jusqu'à la fin de la journée en Flandre orientale et occidentale sur le réseau De Lijn, indique lundi la société flamande de transports en commun. La circulation des bus et des trams devrait se normaliser dès mardi dans les deux provinces touchées par la grève du 1er décembre.

  • Vincent genot

    Les grévistes lèvent les barrages au zoning d'Eupen

    Les grévistes qui interdisaient l'accès au zoning d'Eupen ont levé les différents barrages ce lundi vers 14h30, ont indiqué les syndicats.

    Les militants de la FGTB et de la CSC qui bloquaient les différents accès à la zone industriel depuis 05h00 du matin ont levé les barrages vers 14h30, a indiqué Ferdy Leusch, de la CSC. Au total, c'est environ 500 personnes qui ont empêché l'accès au zoning d'Eupen où de nombreuses entreprises étaient à l'arrêt.

  • Vincent genot

    Une quarantaine de manifestants ont rencontré le ministre fédéral du Budget

    Une quarantaine de manifestants de la CGSP et de la SETca ont rencontré lundi matin le bourgmestre en titre de Hannut et ministre fédéral du Budget, Hervé Jamar (MR), pour lui "parler des mesures gouvernementales et de ses implications sur le citoyen et sur l'avenir du travailleur", a indiqué Jean-Pierre God, secrétaire inter-régional CGSP à Huy.

    Le ministre fédéral du Budget a écouté les doléances des militants. "Je constate qu'il y a ici une majorité de personnes venant de la fonction publique", a déclaré Hervé Jamar, en ajoutant qu'il y avait des espaces de négociation possibles. La rencontre, qualifiée de "constructive" par les différents intervenants, a duré une heure et demie. Hervé Jamar a annoncé qu'il allait relayer les doléances des manifestants au gouvernement.

  • Marie Gathon

    La Voka minimise l'impact de la grève

    "Nous constatons qu'un nombre relativement réduit de personnes a bloqué les entreprises et les routes. Mais nous pensons néanmoins qu'une minorité inflige des dégâts considérables à notre économie et leurs actions dégradent l'image des entreprises belges exerçant sur le marché international"Geert Moerman, administrateur délégué de l'organisation patronale flamande en Flandre orientale

    L'organisation patronale flamande, Voka, a tenu à minimiser l'impact de la grève en Flandre puisqu'elle n'aurait affecté qu'entre "20 et 30%" des entreprises des deux provinces flamandes touchées par les actions de ce 1er décembre. Près de 70% des entreprises de Flandre orientale n'ont subi aucune perturbation à la suite de la grève, selon la section provinciale du Voka, qui indique avoir interrogé plusieurs de ses membres. En Flandre occidentale, les employés de 80% des entreprises seraient allés travailler.

    Le Voka a interrogé 150 de ses 2.800 membres en Flandre orientale à 10h00. Les résultats indiquent qu'une perturbation sur cinq était causée par le blocage d'une route ou de l'entrée d'un zoning industriel. Une entreprise sur dix a par ailleurs indiqué avoir été touchée par un piquet de grève. La moitié des entreprises qui ont subi des perturbations comptent plus de 250 employés.

  • Marie Gathon

    Les piquets ne seront pas levés avant la fin d'après-midi à Liège

    "Aujourd'hui, nous prouvons que nous sommes capables d'annuler l'activité économique."Jean-François Ramquet, FGTB Liège-Huy-Waremme

    Le centre de Liège a des allures de ville morte, lundi. En plus de paralyser de nombreuses entreprises, la grève tournante affecte bon nombre de commerces, d'écoles et d'administrations publiques. Les piquets ne seront pas levés avant la fin d'après-midi.

    Médiacité, Belle-Ile, Cora, Galeries Saint-Lambert: toutes les galeries commerçantes sont complètement fermées en région liégeoise lundi, ainsi que plusieurs grandes enseignes de distribution.

    Dans le centre, des piquets de grève sont aussi en place devant le palais de justice, les bâtiments de la province ou encore l'université place du 20 août, où les cours ont été annulés. Des barrages filtrants sont installés aux sorties des autoroutes ou aux carrefours forts fréquentés. Tous les zonings de la province sont à l'arrêt, de même que de nombreuses grandes entreprises, les sociétés de transport, les services publics et les écoles.

    "Depuis que je suis secrétaire régional, j'ai rarement vu ça", se réjouit Jean-François Ramquet, pour la FGTB Liège-Huy-Waremme. "Aujourd'hui, nous prouvons que nous sommes capables d'annuler l'activité économique."

    Selon le PTB, il y aurait en province de Liège 200 piquets de grève. Mais pour les syndicats, ce nombre est bien en-deçà de la réalité et ne comprend pas les plus petits piquets. Tant la FGTB que la CSC affirment que plusieurs milliers de personnes se sont mobilisées. Peu d'incidents sont à déplorer. Les piquets de grève ne seront pas levés avant la fin d'après-midi. Par ailleurs, la manifestation citoyenne contre l'austérité a réuni une cinquantaine de personnes.

    Cette mobilisation, qui s'était organisée via les réseaux sociaux en dehors des syndicats, avait démarré de la gare des Guillemins pour rejoindre la place Saint-Lambert. Les manifestants protestaient contre les mesures du gouvernement fédéral.

  • Marie Gathon

    "Patrons, cessez l'arrogance qui est la vôtre"

    Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, espère que la mobilisation à l'oeuvre lundi lors de la grève tournante incitera le gouvernement fédéral à prendre les syndicats au sérieux. Elle exhorte les patrons à cesser d'être arrogants : "le gouvernement vous a déjà mis quatre milliards d'euros sur la table, sans qu'aucune garantie d'emploi ne soit offerte", regrette-t-elle.

    "Le 6 novembre dernier, le gouvernement fédéral s'est engagé à renouer la confiance. Nous attendons toujours un changement d'attitude. Nous espérons que la mobilisation de ce jour contribuera à ce que nous soyons enfin pris au sérieux."Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC
  • Marie Gathon

    Toutes les images de la grève

    Toutes les images de la grève, c'est par ici.

    A Liège

    A Liège © Belga

  • Marie Gathon

    "Les grévistes empêchent la création des jobs industriels de demain"

    Pour Agoria, les actions contre le gouvernement bloquent une nouvelle fois l'industrie technologique. La fédération s'inquiète des conséquences à long terme que ces grèves pourraient avoir sur la position internationale des entreprises orientées vers l'export. "Ce sont ces entreprises qui vont une nouvelle fois payer le prix de ces actions", affirme Marc Lambotte, CEO d'Agoria.

    "Plusieurs jours de perte de production, cela ne se récupère pas. Les grévistes d'aujourd'hui empêchent la création des jobs industriels de demain. Si ces entreprises doivent à nouveau fermer le 15 décembre, à terme, c'est l'exportation de nos jobs industriels que nous risquons d'organiser." La fédération rappelle qu'à ses yeux, travailleurs et employeurs "ont besoin les uns des autres pour aborder ensemble le problème de la compétitivité, convaincre de nouveaux clients et créer de nouveaux emplois".

    "Ce sont ces entreprises qui vont une nouvelle fois payer le prix de ces actions"Marc Lambotte, CEO d'Agoria
  • Marie Gathon

    "Réussite totale dans l'arrondissement de Verviers"

    Le front commun syndical verviétois FGTB-CSC a annoncé lundi matin au zoning des Plenesses (Thimister-Clermont) que l'action, qui a mobilisé entre 1.500 et 2.000 militants et qui s'est concentrée essentiellement sur les zonings des Plenesses, de Petit-Rechain et d'Eupen "était une réussite totale". L'action se poursuivra l'après-midi pour empêcher les équipes 14h-22h d'accéder aux entreprises.

    Les travailleurs qui se sont présentés aux entrées des zonings ont été refoulés, avec beaucoup de compréhension de la part des non-grévistes, a précisé Denis Gobert, président de la CSC Verviers et région de langue allemande. La sortie de l'autoroute à Eupen a d'ailleurs été fermée par la police elle-même, de même que celles de Battice et du zoning des Plenesses, ont précisé les syndicats qui se félicitent de la mobilisation et de la réussite de l'action.

    Le piquet de grève situé chez 3M (ex-Fiberglass) à Battice a bloqué la nationale reliant le plateau de Herve à Visé. L'action spontanée a nécessité la mise en place de déviations locales via Herve. L'administration communale de Dison est à l'arrêt, celle de Verviers partiellement. Le Forem mais également Besix, qui contrôle les parkings à Verviers, ont également été fermés. Les écoles communales verviétoises sont aussi à l'arrêt. L'IPH à Herve n'a par contre pas été touché par la grève "car on a frôlé l'incident. Or, notre but était surtout de miser sur la fermeture des zonings", a expliqué Daniel Richard, Secrétaire Régional Interprofessionnel de la FGTB Verviers & Communauté germanophone.

    Le personnel de Delhaize s'est joint au mouvement de grève en empêchant l'accès aux enseignes verviétoises. Quant aux transports en commun, ils sont paralysés. La CGSP organisera le 8 décembre une distribution de tracts au sein des entreprises publiques. Une marche au flambeau sera organisée à 17h00 entre la place Verte et l'hôtel de Ville où une délégation espère être reçue par Marc Elsen, bourgmestre de Verviers.

  • Marie Gathon

    Guy Fays : "Le gouvernement doit changer sa feuille de route ou s'en aller"

    "S'en prendre aux travailleurs, c'est s'en prendre à l'économie du pays. Il est faux de croire que quand on donne de l'argent aux entreprises, cela crée de l'emploi: ils donnent 1,5 fois aux actionnaires ce qu'ils touchent comme subsides. Et puis on les retrouve dans des Luxleaks avec des montages fiscaux. C'est cela, le civisme façon FEB (Fédération des Entreprises belges, NDLR)."

    "Nous continuerons tant que le gouvernement restera aveugle aux actions et sourd aux revendications syndicales. Le combat continue. Le 15 décembre, il va falloir encore montrer les dents et crier notre mécontentement"Guy Fays, secrétaire régional de la FGTB Namur
  • Marie Gathon

    Réaction du secrétaire régional de la CSC Namur-Dinant

    "Ce programme intolérable, insupportable, inéquitable s'en prend aux travailleurs, salariés et indépendants, et aux allocataires sociaux tandis que les rentiers et les actionnaires, eux, vont pouvoir continuer à vivre dans le paradis fiscal qu'est la Belgique pour eux".

    "Nous avons compris que tous ensemble, nous devons lutter contre le gouvernement Michel"Thierry Jacques, secrétaire régional de la CSC Namur-Dinant
  • Marie Gathon

    Réaction de Marc Goble, secrétaire général de la FGTB

    "Le gouvernement prend des mesures qui ont pour seul but de rendre les pauvres plus pauvres et les riches plus riches. Il parle de modernité. Etre moderne aujourd'hui, c'est faire en sorte que les travailleurs soient les seuls pénalisés au profit du capital. Je préfère être archaïque."Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB
  • Marie Gathon

    "Le gouvernement fédéral a une attitude scandaleuse"

    Marc Goblet, le secrétaire général de la FGTB.

    Marc Goblet, le secrétaire général de la FGTB. © Belga

    Le secrétaire général de la FGTB, Marc Goblet, a dénoncé l'"attitude scandaleuse du gouvernement fédéral" lors d'un piquet de grève au parc industriel de Rhisnes (province de Namur) dans le cadre de la deuxième grève tournante décrétée par le front commun syndical. "Ils répètent que le mot 'concertation' est écrit 117 fois dans leur déclaration de politique générale. On leur demande de respecter une seule fois la concertation sociale", a-t-il déclaré.

    Le secrétaire général de la FGTB assure que "toutes les dispositions seront prises" si l'action syndicale devait se poursuivre après la grève générale du 15 décembre. "On ne restera pas sans réaction, nous l'avons dit au conseil ministériel restreint. Si on ne continue pas jusqu'au bout devant cette injustice sociale anti-économique, on ne pourrait plus se revendiquer syndicaliste. Et j'ai envie de me regarder dans la glace le matin."

    "Le gouvernement prend des mesures qui ont pour seul but de rendre les pauvres plus pauvres et les riches plus riches. Il parle de modernité. Etre moderne aujourd'hui, c'est faire en sorte que les travailleurs soient les seuls pénalisés au profit du capital. Je préfère être archaïque", ajoute Marc Goblet.

    A ceux qui accusent les grévistes d'être des "preneurs d'otages", Marc Goblet répond: "Quand ils se rendront compte de l'impact des mesures du gouvernement, ils réaliseront qu'ils auraient dû être à côté plutôt que contre nous." Marc Goblet et Marie-Hélène Ska, secrétaire générale CSC, se sont ensuite rendus à Liège pour soutenir différents piquets de grève.

Nos partenaires