Grève SNCF: mardi noir en vue pour les usagers

03/04/18 à 08:38 - Mise à jour à 08:40

Source: Belga

(Belga) Trains à l'arrêt, trafic très perturbé sur le rail et "exceptionnel" sur les routes d'Ile-de-France: avec un TGV sur huit en moyenne et un train régional sur cinq annoncé, les cheminots donnent le ton mardi de leur mobilisation pour contrer la réforme de la SNCF.

Comme l'avait anticipé la direction de la SNCF, le trafic est "très perturbé" pour ce premier jour d'une grève au long cours. La direction a recensé près d'un cheminot gréviste sur deux (48%) et jusqu'à plus de trois sur quatre chez les conducteurs (77%). Les quatre syndicats représentatifs (CGT, Unsa, SUD, CFDT) sont vent debout contre le projet de réforme du rail, qui "vise à détruire le service public ferroviaire par pur dogmatisme idéologique", selon eux. Sur les grandes lignes, la SNCF prévoit un TGV sur huit en moyenne, l'axe Sud-Est étant le plus impacté (un sur 10). Même chose pour les Intercités, dont sept lignes ne seront carrément pas desservies. Le patron de la SNCF Guillaume Pepy avait averti que des lignes seraient "fermées". En Ile-de-France, la circulation des RER sera variable selon les axes, allant d'un train sur deux à un sur cinq. Certaines branches ne seront pas desservies. Mardi matin, la SNCF évoquait en Ile-de-France un trafic "conforme aux prévisions". Résultat, à l'entrée de Paris, peu avant 8h00, 370 km de bouchons étaient recensés par le site Sytadin, un trafic "exceptionnel pour cette heure-ci". Malgré des modalités différentes, CGT, Unsa, SUD et CFDT sont tous lancés dans la bataille: une grève par épisode de deux jours sur cinq jusqu'au 28 juin pour CGT, Unsa et CFDT; une grève illimitée reconductible par 24 heures pour SUD-Rail. Suppression de l'embauche au statut à la SNCF, ouverture à la concurrence ou encore transformation de la SNCF en société anonyme, prémices d'une future privatisation pour les syndicats, sont autant d'épouvantails à leurs yeux. Ils estiment aussi que la réforme "ne réglera pas le sujet de la dette (46,6 milliards d'euros fin 2017 pour SNCF Réseau, ndlr), ni celui des dysfonctionnements". En face, le gouvernement entend tenir bon, voyant dans cette grève une "posture de blocage (...) pas justifiée", comme l'a dit la ministre des Transports Elisabeth Borne. Le mouvement se conjugue dans les airs avec la quatrième journée de grève chez Air France pour les salaires. La compagnie prévoit d'assurer 75% des vols. (Belga)

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