Grève du rail: de fortes perturbations du trafic national et international attendues

04/01/16 à 16:14 - Mise à jour à 16:13

Source: Belga

La SNCB dit s'attendre "à de fortes perturbations du trafic national et international les mercredi 6 et jeudi 7 janvier" en raison du mouvement de grève annoncé par les ailes francophones des syndicats chrétien et socialiste.

Grève du rail: de fortes perturbations du trafic national et international attendues

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Les conséquences de cette grève de deux jours devraient particulièrement toucher la Wallonie et Bruxelles. Même si elle annonce qu'elle fera son maximum pour que le trafic à travers Bruxelles soit le plus fluide possible, la SNCB conseille à ses clients de ne pas compter sur les trains pour se déplacer entre ce mardi 5 janvier (à partir de 22h) et ce jeudi 7 janvier (jusqu'au dernier train).

L'opérateur ferroviaire dit en outre comprendre et regretter "que cette grève puisse perturber les trajets et projets de ses voyageurs tant professionnels que privés."

Thalys s'attend également à une circulation "fortement perturbée pendant ces deux jours". L'opérateur de trains à grande vitesse recommande aux voyageurs de reporter leur déplacement.

"Quelles que soient leurs conditions tarifaires, tous les billets réservés sur les trains impactés sont échangeables ou remboursables sans frais supplémentaires auprès du point de vente initial ou par téléphone", assure Thalys. Pour le mardi 5, les Thalys 9394 et 9393 ne circuleront pas. Mercredi, le trafic sera totalement à l'arrêt tandis qu'il faudra attendre la veille pour connaître l'état du réseau du jeudi 7. Thalys tiendra les usagers informés en temps réel sur thalys.com et sur l'application du groupe.

Les Eurostar effectuant la liaison Londres-Bruxelles ne pourront quant à eux circuler que de et vers Lille Europe. "Le dernier train partant de Londres St Pancras le 5 janvier (...) à 19H34 heure locale aura désormais pour destination finale Lille Europe", précise un communiqué du groupe qui, comme Thalys, propose des facilités d'échange et de remboursement des billets.

Divers canaux sont à disposition des voyageurs en quête d'informations (planificateur de voyage, site internet de la SNCB, application pour smartphones et tablettes de la SNCB, moniteurs et tableaux d'affichage en gare, compte Twitter). Pour le trafic international, les voyageurs sont invités à consulter le site de SNCB Europe (www.sncb-europe.com).

La CGSP tend la main aux militants flamands, perturbations possibles en Flandre

Des perturbations sont aussi à prévoir sur le rail au nord du pays mercredi et jeudi bien que les ailes flamandes de la CGSP-Cheminots et de la CSC-Transcom aient finalement levé le préavis de grève, au contraire de leurs homologues francophones. De nombreux affiliés à l'ACOD Spoor sont en effet prêts à participer au mouvement à Bruxelles et en Flandre, selon Michel Abdissi, le président national de la CGSP-Cheminots, qui leur tend la main, les assurant que le préavis de grève vaut pour tout le pays.

Les sections bruxelloises de la CGSP-Cheminots et de l'ACOD Spoor assurent en effet que le préavis de grève du 6 et 7 janvier couvre tous les cheminots affiliés, tant francophones que néerlandophones. Des militants francophones et néerlandophones travaillent chaque jour ensemble pour défendre les intérêts des cheminots, soulignent les deux syndicats socialistes dans un communiqué commun. Le document n'appelle pas pour autant à la grève mais précise que le préavis et l'indemnité de grève (de 30 euros) valent pour tous les cheminots qui y sont affiliés.

Interviewé par la RTBF, Michel Abdissi a expliqué avoir été fortement sollicité par de nombreux travailleurs du nord du pays et a assuré que de nombreux militants flamands participeraient au mouvement mercredi et jeudi. Il refuse pour autant de parler de rupture entre les ailes francophone et néerlandophone du syndicat socialiste.

La section bruxelloise de l'ACOD Spoor laisse entendre lundi que des travailleurs feront également grève au nord du pays. "De nombreux autres prendront également congé le jour même", affirme un syndicaliste, qui prévoit de fortes perturbations du trafic ferroviaire dans la capitale. "Nous ne pouvons garantir à personne que l'on atteindra bien Bruxelles" via le rail, confie-t-il. "Nous allons essayer d'empêcher les gens de descendre sur les voies mais, s'il y a des provocations comme la dernière fois -avec des policiers et des huissiers de justice-, je crains alors une réaction." Ludo Sempels, le président de l'aile flamande de l'ACOD Spoor, reconnait que le préavis de grève vaut pour tout le pays et qu'il ne peut donc empêcher des militants flamands de participer au mouvement. "Mais nous n'appelons pas à faire grève", insiste-t-il, rappelant qu'il voit encore de l'espace pour la négociation avec la direction de l'entreprise ferroviaire.

Du côté de la CSC-Transcom, sa secrétaire nationale Isabelle Bertrand assure qu'il ne devrait pas y avoir de gens sur les voies, les trains ne circulant pas au sud du pays. Des piquets de grève seront installés sur les différents sites de travail et le mouvement devrait avoir un impact national, assure-t-elle.

Galant prend acte du refus syndical et continuera son travail sur le plan stratégique

La ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant, a de son côté pris acte de la confirmation du préavis de grève par les syndicats des chemins de fer. Elle va poursuivre son travail sur le plan stratégique de modernisation des opérateurs ferroviaires belges.

"Il y avait une proposition du gouvernement sur la table, qui a été rejetée par les syndicats. Je prends acte de ce refus", a-t-elle déclaré lundi.

Dimanche, la CGSP-Cheminots et la CSC-Transcom ont dit dans les médias attendre un geste de la ministre mais à 22h, devant l'absence de réaction, ils ont confirmé le préavis. "J'étais disponible hier toute la journée mais ce n'est pas par plateau de télévision interposé que l'on discute. Donc, maintenant, nous allons continuer à travailler pour pérenniser le service public et la vision stratégique, présentée en juillet, s'inscrit dans ce cadre", a expliqué Mme Galant.

Avant le congé de Noël, le gouvernement a fait savoir qu'il était disposé à désigner des conciliateurs sociaux pour sortir du conflit mais qu'au préalable, les préavis de grève devaient être levés. Le maintien de la grève signifie qu'il n'y a pas de conciliateurs, a-t-on précisé au cabinet du ministre de l'Emploi, Kris Peeters.

Avec Belga & AFP

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