Grèce: Tsipras annonce des mesures sociales de 1,4 millard d'euros

13/11/17 à 22:41 - Mise à jour à 22:42

Source: Belga

(Belga) Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a annoncé lundi soir des mesures de soutien social d'1,4 milliard d'euros au vu des performances budgétaires de 2017, alors que le pays se dirige vers une sortie des purges d'austérité dictées par ses créanciers.

Rééditant une opération politique faite en décembre 2016, M. Tsipras a annoncé ces mesures lors d'un message télévisé surprise. Se prévalant de performances budgétaires ayant permis au pays de dégager en 2017 un excédent primaire (hors service de la dette) "bien supérieur" à l'objectif de 1,75% du PIB fixé par les créanciers, il a annoncé la redistribution en faveur des "couches populaires" d'un surplus de 1,4 milliard d'euros. Sur ce total, 720 millions seront destinés à soutenir sous forme d'aides exceptionnelles et en fonction d'une série de critères les ménages dont les revenus annuels ne dépassent pas 18.000 euros par an, soit un total de 3,4 millions de personnes, a-t-il précisé. Une ligne de 315 millions sera affectée au remboursement de dépenses de santé imposées aux petits retraités. L'entreprise publique surendettée d'électricité, DEI, recevra pour sa part 360 millions pour subventionner les tarifs favorables accordés aux plus vulnérables. Ces mesures attestent "des priorités politiques et sociales" du gouvernement, le seul issu de la gauche radicale dans l'UE, a souligné M. Tsipras, distancé dans les sondages par l'oppositon de droite. Cette annonce intervient alors que le pays, désormais loué pour ses efforts de réforme par ses créanciers, se prépare à sortir de sa mise sous perfusion financière, avec son retour prévu en août 2018 sur les marchés dont l'accès lui a été barré en 2010. M. Tsipras avait déjà annoncé par surprise des mesures sociales début décembre 2016, d'un montant de 617 millions d'euros, sous forme notamment d'un soutien exceptionnel aux plus petits retraités. Cette initiative, à l'époque sur fond de bras de fer avec les bailleurs de fonds sur de nouvelles réformes à adopter par le pays, avait profondément irrité Berlin, suscitant dans la foulée une réaction de la zone euro. Mais Athènes avait fini par faire prévaloir ses vues. Le service statistique grec a entretemps confirmé que le pays avait réalisé en 2016 un excédent budgétaire primaire bien supérieur à ce que lui réclamaient ses créanciers, à 3,7% du PIB, au prix d'une coupe tous azimuts dans les dépenses publiques et d'un alourdissement de la pression fiscale. (Belga)

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