Grèce: reprise du procès d'Aube dorée, retardé par une grève des avocats

27/06/16 à 17:38 - Mise à jour à 17:38

Source: Belga

(Belga) Le procès du dirigeant d'Aube dorée Nikos Michaloliakos et d'une dizaine de députés de ce parti grec néonazi, accusés de constitution "d'organisation criminelle", a repris lundi, sur fond d'enlisement des audiences pour cause de grève au long cours des avocats.

Grèce: reprise du procès d'Aube dorée, retardé par une grève des avocats

Grèce: reprise du procès d'Aube dorée, retardé par une grève des avocats © BELGA

Au total, 69 membres et sympathisants d'Aube dorée doivent répondre dans ce procès d'une trentaine de crimes et délits, surtout des attaques et violences contre des migrants et sympathisants de gauche. Le procès a pu reprendre grâce à des exemptions spéciales accordées par le barreau d'Athènes aux avocats, pour qu'ils puissent participer aux audiences en dépit de la grève. Menée depuis des mois par les avocats contre la réforme controversée des retraites adoptée sous pression des créanciers UE-FMI du pays, cette grève a contribué, avec aussi l'ampleur du dossier, à faire trainer le procès. Ouvert le 20 avril 2015, il pourrait encore durer un an, selon une source judiciaire. Le seul des principaux accusés à la barre était lundi Giorgos Roupakias, qui avait avoué avoir tué le rappeur antifasciste grec Pavlos Fyssas, 34 ans, en septembre 2013. Ce crime avait choqué la Grèce, déclenchant le lancement de poursuites pénales contre le chef d'Aube dorée et de nombreux députés de ce parti. Mais après 18 mois en détention provisoire, le délai maximum prévu par le droit pénal grec, Giorgos Roupakias, Nikos Michaloliakos et leurs co-accusés qui avaient été arrêtés ont été placés en liberté conditionnelle. Censé permettre un meilleur déroulement, le transfert au siège de la Cour d'appel n'a pas empêché que des incidents n'éclatent lundi, comme à plusieurs reprises lors des audiences à Korydallos. Giorgos Roupakias a ainsi insulté un photographe, avant d'être qualifié de "fasciste" par la mère de Pavlos Fyssas. La partie civile a protesté contre des mesures de sécurité insuffisantes à ses yeux. L'accusation tente de prouver qu'Aube dorée agissait comme une organisation criminelle de type militaire, qui encourageait ces violences, voire les meurtres. Nikos Michaloliakos a revendiqué en septembre la "responsabilité politique" de la mort de Pavlos Fyssas, dans un entretien à une radio grecque, mais dénié toute "responsabilité pénale". (Belga)

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