Gouvernement de technocrates pour la Belgique, Maystadt, Premier ministre

24/11/11 à 09:11 - Mise à jour à 09:11

Source: Le Vif

Le Roi a tranché : les politiques au placard, un gouvernement de technocrates est sur le pied de guerre. Avec à sa tête, le président de la Banque européenne d'Investissement, Philippe Maystadt

Gouvernement de technocrates pour la Belgique, Maystadt, Premier ministre

© Image Globe

Un an et demi sans gouvernement, toujours pas l'amorce d'un budget en vue, l'impasse politique totale depuis que le formateur PS Di Rupo a pris la porte en renversant la table et tous les dossiers qui s'y empilaient. La Belgique ne fait plus rire personne.

Le Vif L'Express le révèle cette semaine : Albert II est sur le point de mettre les politiciens sur la touche et de confier les clés du pays à un cabinet économique de guerre. Des vrais pros vont être nommés aux affaires. Un but, un seul : trouver grâce aux yeux de l'Europe qui attend de la Belgique un budget, des marchés financiers qui réclament leur argent, des agences de notation qui se préparent à sévir.

C'est la surprise du chef : Philippe Maystadt, actuellement président de la Banque européenne d'Investissement, est rappelé d'urgence au chevet du pays pour s'installer au 16 rue de La Loi. Il sera le Premier ministre francophone que l'on n'attendait pas. L'ancien "meilleur ministre des Finances du monde", ex-pointure du PSC, sera bien entouré.

On annonce des technocrates de haut vol. Le gratin actuellement disponible dans le pays. Aux Finances : Bruno Colmant, ex-chef de cabinet de Dider Reynders (MR), ancien patron de la Bourse de Bruxelles. A l'Emploi : Pieter Timmermans, l'administrateur-directeur général de la FEB, tout le contraire d'un tendre. Les Affaires sociales sont confiées à Geert Noels, consultant que l'on dit bien en cour et bien introduit dans les milieux économiques et financiers. L'ex-grand patron Karel Vinck reprend du service pour dégraisser la Fonction publique fédérale, et aider les big boss de la SNCB et de La Poste à donner le coup de balai qui s'impose. Pêle-mêle, on cite encore : la patronne d'Electrabel, Sophie Dutordoir, ministre de l'Energie ; le patron du think tank Itinera, Marc De Vos, aux Pensions. Enfin, d'autres techniciens déterminés sont propulsés aux commandes des départements d'autorités : Justice et Intérieur.

Cette semaine, Le Vif L'Express lève un coin de voile sur ce premier gouvernement de technocrates. Fictif.

La réaction de Philippe Maystadt

M. Maystadt tenait particulièrement à réagir parce qu'il a reçu plusieurs messages de personnes qui avaient lu l'article et trouvaient qu'il s'agissait d'une bonne idée.

"Je suis personnellement tout à fait opposé à un gouvernement de technocrates".Et d'insister sur le fait qu'il est opposé à "l'idée qui revient à dire qu'il appartient aux experts de décider car seuls eux comprendraient de quoi il retourne".

"Cette idée m'a toujours choqué, elle est contraire à tous les principes démocratiques et l'histoire nous révèle que là où on a recouru à cette solution, cela n'a pas marché", ajoute l'actuel président de la BEI et ancien ministre des Finances PSC. "Au contraire, je suis d'avis que dans les circonstances difficiles que nous connaissons, nous avons besoin de plus de démocratie, a encore dit M. Maystadt.

Son raisonnement est le même lorsqu'il s'agit de l'Europe. Il est d'avis que la Commission européenne ne peut pas s'arroger seule le pouvoir d'intervenir sur les budgets des Etats membres sans passer par un parlement, qu'il s'agisse du parlement européen ou des parlements nationaux.


Pierre Havaux

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