Fusillade à Liège: "L'objectif de l'assassin était de s'en prendre à la police"

29/05/18 à 11:20 - Mise à jour à 21:33

Source: Belga

Deux policières et le passager d'une voiture ont été tués dans une fusillade qui a éclaté mardi matin dans le centre de Liège. Deux autres policiers ont été blessés. L'auteur des tirs, un Belge de 31 ans, a été abattu. L'auteur avait obtenu une permission de sortie de prison.

Fusillade à Liège: "L'objectif de l'assassin était de s'en prendre à la police"

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Deux policières et un jeune homme de 22 ans ont été tués mardi à Liège. B.H., né en 1987, a ouvert le feu avant de prendre en otage un membre du personnel de l'athénée Léonie de Waha, boulevard d'Avroy. Deux autres policiers ont également été blessés. L'enquête est confiée au parquet fédéral. "L'objectif de l'assassin était de s'en prendre à la police" selon Christian Beaupère, chef de corps de la Police liégeoise.

"Il est évident que l'objectif de l'assaillant était de s'en prendre directement à la police car il s'est dissimulé derrière les deux agents. Il visait l'Etat de la Belgique", a souligné Christian Beaupère, qui a également tenu à souligner le courage exemplaire des policiers qui ont participé à l'intervention. "Quatre policiers ont été blessés et transportés à l'hôpital. L'un d'eux a déjà quitté l'établissement hospitalier tandis qu'un autre a été gravement touché au niveau de l'artère fémorale. Ses jours sont actuellement en danger."

Voici ce que l'on sait des événements survenus mardi:

- Peu avant 11h00, la police de Liège rapporte qu'un homme armé a tiré sur deux policiers et que l'auteur a également pris en otage une femme de ménage à l'athénée Léonie de Waha. Des coups de feu ont été entendus vers 10h30 à hauteur du café des Augustins, dans la rue du même nom, précisait la police. Les forces de l'ordre sont sur place.

- A 11h00, l'homme était neutralisé par le Peloton anti-banditisme (PAB) de la police de Liège.

- Entre-temps, les élèves de l'athénée Léonie de Waha ont été évacués, pour une partie au lycée Sainte-Véronique, pour l'autre dans les locaux de la Haute école de la province de Liège, rue Beeckman.

- Peu avant 11h30, le bilan tombe: deux policiers et un passager d'une voiture ont été tués dans la fusillade. Deux autres policiers ont été blessés. La phase provinciale du plan d'urgence est déclenchée.

- A la suite de la fusillade, un périmètre de sécurité a été mis en place et le boulevard d'Avroy fermé à la circulation. De nombreuses lignes de bus ont été déviées (lire aussi l'encadré ci-dessous).

- Vers midi, les services de police activent mardi le numéro vert 0800/94.000 à destination de la population.

- Les réactions politiques fusent. Le Premier ministre Charles Michel exprime ses condoléances aux victimes et suit la situation de près, avec les ministres de l'Intérieur Jan Jambon et de la Justice Koen Geens. De nombreuses réactions politiques se répandent sur Twitter.

- Le niveau de la menace terroriste en Belgique reste à 2, annonce peu avant 12h30 le Centre de crise.

- Vers 12h30, une visite à Liège du roi Philippe, du Premier ministre Charles Michel, des ministres de l'Intérieur Jan Jambon et de la Justice Koen Geens est annoncée pour début d'après-midi, ainsi qu'une conférence de presse à 12h45 à l'hôtel de police de Liège, rue Natalis.

- Le parquet fédéral confirme en début d'après-midi être chargé de l'enquête. "Il y a des raisons de croire qu'il pourrait s'agir d'un attentat terroriste", indique à Belga son porte-parole.

- La police précise que les policiers tués sont des femmes. Le déroulement précis des faits est dévoilé à la conférence de presse en début d'après-midi: * Un individu porteur d'une arme blanche a pris en filature vers 10h30 deux policières dans le centre-ville de Liège. Il a attaqué dans le dos les deux policières et leur a asséné plusieurs coups de couteaux. Il s'est ensuite emparé de leurs armes de service et a fait feu sur les deux policières, qui sont décédées. *

Les policières décédées avaient 53 et 45 ans, étaient mamans. Elles étaient entrées à la police respectivement en 1994 et 2010, selon le chef de corps de la police liégeoise, Christian Beaupère. Ce dernier a a par la suite décliné leur identité: Soraya Belkacemi (née en 1973) et Lucile Garcia (née en 1964). Soraya Belkacemi avait des jumelles de 13 ans, déjà orphelines de leur papa. Quant à Lucile Garcia, elle avait un fils de 25 ans.

L'assaillant a ensuite continué à pied et s'est attaqué à une personne se trouvant dans sa voiture, un jeune homme de 22 ans, a précisé le procureur du Roi. Celui-ci se trouvait du côté passager de la voiture quand il a reçu plusieurs coups de feu. Il a perdu la vie.

Élève à la Haute École de la Ville de Liège, il était en passe d'être diplômé et de devenir instituteur.

L'assaillant est ensuite entré dans l'athénée Léonie de Waha où il a pris en otage une employée. Le peloton anti-banditisme (PAB) est alors intervenu. L'individu a "fait une sortie" en ouvrant le feu vers les policiers, en blessant certains aux jambes. L'homme a finalement été abattu.

- On apprend de plusieurs sources vers 13h30 que l'auteur de la fusillade avait obtenu une permission de sortie de prison.

- Le roi Philippe, Charles Michel, Jan Jambon et Koen Geens ont quitté le centre de crise à Liège environ une heure après leur arrivée à Liège.

- A 15h00, le dispositif de sécurité était toujours maintenu et la circulation restait déviée.

- Report d'une réunion conjointe des gouvernements belge et néerlandais, initialement prévue mardi à 17h00.

- Le bourgmestre de Liège Willy Demeyer annonce que les drapeaux seront mis en berne sur l'Hôtel de Ville et des bâtiments communaux. Un registre de condoléances sera également ouvert mercredi dès 10h00 et une minute de silence sera prochainement fixée.

- Vers 16h00, le parquet fédéral, qui tiendra une conférence de presse mercredi à 10h30, confirme que l'auteur est B.H. (Benjamin Herman, affirment plusieurs médias), né en 1987.

Rassurer les écoles

Le bourgmestre de la Ville de Liège, Willy Demeyer, et le chef de corps de la police, Christian Beaupère, ont tenu à soutenir et à rassurer les différents acteurs des établissements scolaires liégeois, durant la conférence de presse qu'ils ont tenu mardi après-midi.

Après avoir présenté ses condoléances à la famille de la victime, le bourgmestre a cédé la parole au chef de corps de la police de Liège. "Je tiens à rassurer les écoles. L'assaillant n'avait pas pour objectif de s'en prendre à elles et à ses occupants. Il voulait s'en prendre aux policiers et donc, à l'Etat belge", a conclu M. Beaupère.

"Les examens prévus mercredi à la Haute École sont bien évidement reportés. Il pourra en être de même, à la demande des élèves, pour les journées de jeudi et vendredi", a indiqué le bourgmestre liégeois, qui a souligné qu'une cellule de soutien psychologique allait être mise en place dans les bâtiments scolaires. L'Athénée Léonie de Waha, où l'assaillant a pris en otage une employée, sera fermée toute la journée de mercredi.

L'auteur avait obtenu une permission de sortie de prison

Selon différentes sources, l'assaillant avait obtenu une permission de sortie de prison. Il s'appellerait Benjamin Herman et serait originaire de Rochefort, d'après plusieurs médias.

L'auteur de l'attaque à Liège avait déjà bénéficié de 11 autorisations de sortie d'un jour et de 13 congés pénitentiaires de deux jours qui s'étaient bien déroulés, il était donc difficile de prévoir que cela se passerait mal à la 14e fois, a affirmé mardi le ministre de la Justice, Koen Geens, à son arrivée au Conseil National de Sécurité.

"L'enquête vient de débuter et elle va prendre du temps", a indiqué le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw, qui a souligné la "violence extrême" des faits et rendu hommage aux agents qui sont intervenus pour le neutraliser. Des éléments laissent penser qu'il s'agit d'un acte terroriste, a-t-il ajouté.

Lire aussi: "Le système de congés pénitentiaires et permissions de sortie doit être revu"

Fiché pour ses contacts avec des islamistes

Benjamin Herman serait fiché par la Sûreté de l'Etat pour avoir été en contact en prison avec des islamistes et s'être radicalisé, rapportent plusieurs médias mardi.

L'homme âgé de 31 ans aurait été en contacts avec des personnes radicalisées lors de son séjour en prison. Raison pour laquelle il aurait été fiché par la Sûreté de l'Etat depuis 2017, rapporte notamment la RTBF. Lors d'un séjour en prison, Benjamin Herman "est soupçonné d'avoir été radicalisé par une personne (...) enfumé par la pensée islamiste", ce qui lui valait d'être signalé comme tel dans une banque de données criminelles, a précisé une source à l'AFP.

La Sûreté de l'Etat a indiqué qu'elle ne communiquera pas à ce sujet. "Nous ne confirmons pas et nous n'infirmons pas ces informations", a indiqué à Belga la porte-parole de la Sûreté de l'Etat, Ingrid Van Daele. "Une conférence de presse du parquet fédéral aura lieu demain/mercredi", a-t-elle conclu.

Dans une vidéo amateur filmée par une riveraine relayée sur le site de la RTBF, on peut voir l'auteur et l'entendre crier "Allahu Akbar" en rue au moment des faits.

Le nom de l'auteur était apparu de manière indirecte dans trois dossiers (Michel)

Le nom de l'auteur de l'attaque de mardi matin, Benjamin Herman, était apparu précédemment dans deux rapports de la Sûreté de l'Etat et un de la police, mais de manière indirecte, a indiqué le Premier ministre Charles Michel mardi soir, à l'issue d'une réunion du Conseil National de Sécurité.

Les dossiers dans lesquels le nom Benjamin Herman est apparu "visaient d'autres personnes et d'autres situations", a précisé M. Michel. "Sur base des éléments récoltés, les services ont considéré qu'il ne fallait pas donner de qualification à l'auteur", qui ne figurait par ailleurs pas dans la base de données de l'Ocam. L'attaque n'a pour l'instant pas été revendiquée par l'Etat islamique, a ajouté le Premier ministre. M. Michel a aussi demandé le respect du deuil et des familles des victimes. "Nous regrettons la diffusion d'images des faits. Que chacun fasse preuve de responsabilité et de respect pour les familles", a réclamé le Premier ministre.

"Cette situation tragique ne constitue pas un fait isolé", a encore rappelé M. Michel. "Rien qu'en 2017, 20 attaques terroristes avec 30 auteurs ont été commises sur le sol européen. C'est un défi permanent, il faut garder son sang-froid."

En marge de la conférence de presse, le ministre de la Justice Koen Geens a martelé que l'individu n'avait jamais été libéré sous condition malgré la longueur de sa détention et que les autorisations de sortie et congés pénitentiaires accordés s'inscrivaient dans une trajectoire classique en vue de sa réinsertion, qui devait intervenir en 2020. Il n'a pas confirmé les rumeurs selon lesquelles Benjamin Herman serait lié à d'autres faits que ceux de mardi matin. Quant à l'éventuelle qualification terroriste de ceux-ci, il appartiendra mercredi au parquet fédéral d'exposer les motifs qui l'ont mené à fédéraliser le dossier, a conclu M. Geens.

Fusillade à Liège: "L'objectif de l'assassin était de s'en prendre à la police"

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La menace terroriste maintenue à deux

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, a lui confirmé que le niveau de la menace restait pour le moment à 2. Il n'est pas "évident" qu'il s'agisse d'un acte terroriste, sinon des éléments auraient déjà permis de l'établir, estime-t-il. Quant au fait que l'auteur se trouvait en congé pénitentiaire pour deux jours et qu'il devait réintégrer la prison ce mardi, Jan Jambon a insisté sur le fait que ce genre de décision n'était pas prise à la légère et qu'il n'y avait dès lors pas lieu d'évoquer une erreur.

Enfin, le ministre de la Justice Koen Geens a précisé que l'auteur était détenu depuis 2003 et qu'il devait achever sa peine en 2020. Il a bénéficié d'autorisations de sortie et de congés pénitentiaires pour préparer sa réinsertion mais n'a jamais été libéré sous condition par le tribunal de l'application des peines, a insisté M. Geens.

"On ne sait rien des motivations de l'assaillant pour l'instant", a annoncé de son côté Catherine Collignon, la porte-parole du parquet de la ville, sans notamment pouvoir confirmer certaines informations de presse selon lesquelles il aurait crié "Allah Akbar".

Des perquisitions menées dans la cellule et au domicile de la mère de l'assaillant

Des perquisitions ont été menées mardi après-midi au domicile de la mère de l'assaillant à Rochefort et dans sa cellule de la prison de Marche-en-Famenne, selon les informations relayées par la RTBF.

Les enquêteurs auraient trouvé un Coran et un tapis de prière dans la cellule de Benjamin Herman, mais pas d'autres éléments qui puissent indiquer une radicalisation, selon la RTBF. L'attaque n'a pas été revendiquée. L'enquête se poursuit. Le parquet fédéral communiquera demain/mercredi à 10h30.

L'auteur de la fusillade aurait-il commis un autre meurtre dans la nuit ?

L'auteur des coups de feu mardi matin à Liège qui ont coûté la vie à deux policières et un jeune homme de 22 ans, pourrait être impliqué dans la mort de Michaël Wilmet, dont le corps sans vie a été retrouvé mardi matin à son domicile de On. "C'est une piste", indique une source policière.

Selon les premières constatations pratiquées au domicile de Michaël Wilmet, ce dernier aurait été tué d'un coup à la tête porté au moyen d'un objet contondant. Le parquet se refuse à communiquer pour l'instant. "L'enquête sur les faits de On suit son cours", se contente d'affirmer le parquet du Luxembourg. Michaël Wilmet était connu de la justice pour des infractions liées au trafic de stupéfiants. Héroïnomane, il avait été placé sous surveillance électronique dans le cadre d'une condamnation à la prison ferme prononcée début 2014 par le tribunal correctionnel de Marche. Sa peine s'était achevée en mars dernier après deux ans de surveillance électronique. Il n'était plus soupçonné d'aucun trafic.

Cambriolage

Un vol avec effraction a, par ailleur, été commis dans une bijouterie de Rochefort dans la nuit de lundi à mardi, indique le parquet de Namur. Là aussi, on vérifie s'il y a un lien avec Benjamin H.

Selon les premières constatations policières, les faits auraient été commis par trois individus, dont un qui était armé. "On ne connait pas encore le montant du butin", précise le commissaire de la zone Lesse et Lhomme, Pierre Jacobs. Si des rumeurs font état d'un lien potentiel entre ce vol et la fusillade perpétrée mardi matin à Liège, le commissaire y coupe court: "l'enquête est menée par la police judiciaire fédérale. Il ne faut pas faire de raccourci trop rapide et ne pas tout mélanger". Et d'ajouter: "même si c'était le cas, je ne pourrais rien dire".

Récapitulatif des attaques terroristes ayant visé la police ces dernières années

L'enquête sur la fusillade survenue à Liège mardi a été confiée au parquet fédéral. "Il y a des raisons de croire qu'il pourrait s'agir d'un attentat terroriste", indiquait son porte-parole. Voici un récapitulatif des différentes attaques terroristes qui ont visé les forces de l'ordre ces dernières années:

* 08/06/2012 - Un homme de 35 ans, Brahim Bahrir, blesse à coups de couteau deux policiers qui patrouillaient dans la station de métro Beekkant à Bruxelles. L'homme était arrivé le matin même de Paris, où il était domicilié, afin de participer à une manifestation organisée par Sharia4Belgium, qui entendait dénoncer l'interpellation quelques jours plus tôt d'une femme en niqab par la police locale de Molenbeek. Le Parisien sera condamné par le tribunal correctionnel de Bruxelles à une peine de 17 ans de prison le 25/06/2013.

* 06/08/2016 - Deux policières sont blessées à la machette sur le parvis de l'hôtel de police dans le centre de Charleroi par un Algérien en séjour illégal "criant Allah akbar" qui a été abattu par les forces de l'ordre, dans un contexte de menace terroriste persistante en Belgique comme dans les pays voisins. L'Etat islamique (EI) revendiquera l'attaque le lendemain.

* 07/09/2016 - Un homme en séjour illégal assène plusieurs coups de couteau à deux policiers en patrouille à Molenbeek. Les deux agents auront la vie sauve grâce à leur gilet pare-balles.

* 25/08/2017 - Un Somalien naturalisé belge agresse au couteau des soldats sur le boulevard Emile Jacquemain en plein centre de Bruxelles avant d'être abattu par les militaires lors d'une attaque qualifiée de "terroriste" par le parquet fédéral belge. L'attaque sera revendiquée le lendemain par le groupe terroriste Etat islamique dans un communiqué diffusé sur la messagerie cryptée Telegram par son organe de propagande Amaq. Le communiqué précise que "l'opération a été menée en réponse aux appels à cibler les Etats de la coalition" internationale antidjihadistes opérant en Syrie et en Irak, dont la Belgique fait partie.

La Ville de Liège a pris différentes mesures

La Ville de Liège a décidé de prendre plusieurs mesures civiles, à la suite de la fusillade survenue mardi matin sur le boulevard d'Avroy, dans le centre-ville. L'ensemble des élèves de l'athénée où l'auteur s'était réfugié, prenant en otage un membre du personnel, ont été évacués et déplacés dans différentes infrastructures de la Ville. L'ensemble des élèves de l'athénée Léonie de Waha, où se sont en partie déroulés les faits, ont été évacués et déplacés dans différentes infrastructures de la Ville. Une équipe psycho-médico-sociale s'est rendue sur place pour venir en aide aux enfants qui en avaient besoin.

"Les parents ont directement été prévenus de la situation et sont venus récupérer leurs enfants", a indiqué le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, qui a précisé que l'athénée Léonie de Waha fermera ses portes durant la journée de mercredi. Elle ne les ouvrira à nouveau qu'à partir de jeudi. D'autres mesures ont également été prises. "Des drapeaux seront mis en berne sur l'Hôtel de Ville et des bâtiments communaux. Un registre de condoléances sera également ouvert mercredi dès 10h00 et une minute de silence sera prochainement fixée."

Après avoir levé la phase provinciale, les autorités compétentes ont décidé de maintenir le périmètre de sécurité disposé sur le boulevard d'Avroy, a souligné mardi en début de soirée la commissaire d'arrondissement et représentante du Gouverneur, Catherine Delcourt.

"Je tiens à saluer le courage du service de sécurité", a déclaré Catherine Delcourt, qui en a également profité pour faire le point sur la phase provinciale. Celle-ci avait été déclarée en matinée avant d'être officiellement levée à 15h30. En ce qui concerne le périmètre de sécurité établi sur le boulevard d'Avroy, il est actuellement maintenu et sera réduit au fur et à mesure des possibilités. Par ailleurs, une minute de silence en hommage aux victimes de la fusillade aura lieu mercredi à 13h00, ont annoncé les autorités liégeoises. "L'espace Tivoli (près de la place du Marché) accueillera celles et ceux qui souhaitent se rassembler pour observer ensemble cette minute de silence", ont-elles encore ajouté.

Présence policière renforcée en Cité ardente

Pour assurer la sécurité des citoyens après la fusillade mortelle perpétrée mardi matin à Liège, le bourgmestre de Liège Willy Demeyer a décidé de renforcer la présence policière dans la Ville dès mercredi, a-t-il annoncé mardi soir.

Le Roi a rendu visite aux victimes

Le Roi Philippe, le Premier ministre Charles Michel et le ministre fédéral de l'Intérieur Jan Jambon ont rendu visite, mardi après-midi, aux policiers blessés lors de la fusillade survenue le matin-même dans le centre de Liège, a indiqué Nathalie Evrard, porte-parole du CHR de la Citadelle.

Après avoir quitté le centre de crise à l'hôtel de police de Liège, le Roi ainsi que le Premier ministre et Jan Jambon se sont rendus au CHR de la Citadelle, où ont été admis les quatre policiers blessés par balle lorsque l'assaillant est sorti de l'athénée en faisant feu vers les forces de l'ordre.

"Le Roi a un peu discuté avec les blessés, s'est intéressé à leurs blessures. Il ne leur pas rendu visite à tous, car l'un était encore en salle d'opération", précise la porte-parole du CHR, où fut également admise en état de choc l'employée de l'athénée Léonie de Waha où l'auteur s'était retranché après avoir tué deux policières Selon la porte-parole du CHR, les quatre policiers sont hors de danger. Trois resteront néanmoins à l'hôpital. D'autres policiers ont également été admis en état de choc à la clinique Saint-Joseph de Liège.

Les personnalités politiques expriment leurs condoléances

Le Premier ministre Charles Michel a exprimé ses condoléances aux victimes de la fusillade survenue à Liège mardi matin. Il a dénoncé une "violence lâche et aveugle" sur Twitter. Il a indiqué suivre la situation de près, avec les ministres de l'Intérieur Jan Jambon et de la Justice Koen Geens.

"Acte de violence avec un prix élevé pour la police de Liège. Tout mon soutien au corps et aux familles des victimes", a ainsi tweeté le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, précisant qu'il suivait de près la situation, avec le centre de crise. "Tout mon soutien au corps (de police, ndlr) et aux familles des victimes."

Koen Geens, ministre de la Justice, a lui aussi exprimé ses condoléances avec "les victimes, leurs proches et les services de police". Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères et d'origine liégeoise, a indiqué que "toutes nos pensées vont aux victimes, à leurs familles, à leurs collègues, à leurs proches.

La solidarité est totale avec les forces de l'ordre que nous soutenons pleinement dans leur mission particulièrement difficile". Christine Defraigne, présidente du Sénat et elle aussi originaire de la Cité ardente, dont elle est conseillère communale, a rendu "hommage à ceux qui risquent leur vie au quotidien pour nous protéger. Consternation. (...) Nous sommes bouleversés".

Jean-Claude Marcourt, ministre francophone de l'Enseignement supérieur et Liégeois, lui aussi, s'est dit "profondément choqué par ce drame qui touche Liège, sa population et par ces agents de police abattus dans l'exercice de leur travail. Profonde tristesse et immense respect".

Zakia Katthabi, co-présidente d'Ecolo, a pour sa part tweeté sa "#solidarité avec #liège qui vit un nouveau drame... Pensées particulières aux familles et proches des victimes ainsi qu'aux collègues des policiers... #respect."

Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi et l'ensemble du collège communal carolo ont, eux, exprimé par communiqué "leur entière solidarité avec la Ville de Liège, à la suite de l'horrible acte qui a été commis". L'Hôtel de Ville, l'ensemble des maisons communales et tous les hôtels de police de Charleroi mettront leurs drapeaux en berne, a indiqué la Ville de Charleroi.

Du côté européen, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a exprimé, au nom de l'instance européenne, ses condoléances aux familles des victimes. "Nous nous tenons aux côtés de la Belgique, des citoyens belges et des familles des agents de police et du civil tués à Liège", a-t-il déclaré lors de la séance plénière à Strasbourg, en France. Par ailleurs, la police nationale française a exprimé sa "solidarité avec nos camarades (de la police fédérale et de la police de Liège) après la fusillade de #Liège dans laquelle ils ont perdu 2 des leurs. #UnitedWeStand".

Les bus liégeois circulent à nouveau normalement

La circulation des bus, perturbée après la fusillade perpétrée mardi matin à Liège, a repris normalement, indique mardi soir la porte-parole des Tec Liège-Verviers. Le périmètre de sécurité du boulevard d'Avroy a également été levé.

Après avoir mis fin à la phase provinciale, les autorités compétentes ont levé mardi soir le périmètre de sécurité mis en place boulevard d'Avroy. Toutefois, une présence policière demeure sur les lieux de la fusillade et de la prise d'otages où plusieurs agents sont donc encore sur place. En journée, plusieurs lignes de bus avaient été déviées tandis que le boulevard d'Avroy était fermé à la circulation. Le trafic a repris normalement en début de soirée.

En journée, plusieurs lignes avaient été déviées tandis que le boulevard d'Avroy était fermé à la circulation. Le trafic a repris normalement en début de soirée.

Brussels Airport prévoit des ralentissements sur le route d'accès à l'aéroport

Brussels Airport a appelé mardi en début de soirée les passagers à se rendre à l'aéroport bien avant l'heure de départ prévue de leur vol. "La circulation sur la route d'accès A201 vers l'aéroport peut être ralentie en raison de la vigilance accrue de la police", ont fait savoir les responsables de Brussels Airport sur Twitter. La police fédérale confirme que les contrôles de police ont été intensifiés après l'attaque qui a fait trois morts dont deux policiers mardi matin à Liège. "Il s'agit de mesures qui sont prises à la suite de tels évènements", selon la police fédérale.

"Cela fait partie d'une série de lignes directrices, du plan d'action mis en place après de tels événements", rapporte le service de presse de la police fédérale. "De telles mesures ont également été prises après l'attaque survenue à la gare centrale le 20 juin de l'année dernière."

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