Francken sous le feu des critiques en commission

22/12/17 à 21:05 - Mise à jour à 22:31

Source: Belga

Seuls le MR et la N-VA ont affiché leur soutien vendredi soir à Theo Francken, qui a confirmé avoir "retenu la communication" selon laquelle au moins une expulsion état prévue vers Khartoum à la mi-janvier, cela, avec l'objectif de ne "pas créer un appel d'air" de la communauté soudanaise. Les premières invitations à démissionner commencent pourtant à fleurir.

Francken sous le feu des critiques en commission

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Seuls le MR et la N-VA ont affiché leur soutien vendredi soir au secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA), qui a confirmé avoir "retenu la communication" selon laquelle il avait annulé au moins une expulsion prévue vers Khartoum à la mi-janvier, information cachée avec l'objectif de ne "pas créer un appel d'air" vers la Belgique de la communauté soudanaise.

La députée du CD&V Nahima Lanjri s'est montrée cinglante vis-à-vis du secrétaire d'Etat N-VA lors d'un échange de vues demandé par l'opposition en commission de l'Intérieur de la Chambre. "Vous avez confirmé avoir retenu une information, on appelle cela un mensonge ou autre chose. Pire vous avez laissé le Premier ministre exprimer des choses qui n'étaient pas vraies. Je sais qu'il est patient. Je ne sais pas combien de temps cela va durer encore", a-t-elle asséné.

L'Open Vld s'est tu dans toutes les langues après les explications de M. Francken.

En revanche, le MR a affiché tout son soutien au secrétaire d'Etat, allant même plus loin que la députée N-VA Sarah Smeyers qui a relevé un geste "peut-être pas très élégant mais de bonne foi" dans le chef de M. Francken.

Le parti du Premier ministre s'est montré rassuré. "Je vous ai entendu nous confirmer qu'il n'y a pas eu de mensonge. J'en était convaincu et je le crois", a affirmé le député Philippe Pivin dans l'attente de l'enquête diligentée par le gouvernement.

Au nom de la majorité, Mme Smeyers (N-VA) a déposé une motion de soutien au gouvernement sans toutefois demander la cosignature aux partenaires de la coalition. Les membres de l'opposition francophones ont exigé la démission du secrétaire d'Etat ou en tout cas une prise de responsabilité au sein du gouvernement, alors que le reste de l'opposition présente en séance a également dénoncé le "mensonge" de M. Francken et l'atteinte aux institutions.

Theo Francken a donné un rapide compte-rendu de la ligne du temps à partir du moment où mercredi matin la presse a fait état de témoignages de torture subie par des ressortissants soudanais expulsés par la Belgique avec la collaboration d'une mission d'identification envoyée par Khartoum à l'invitation du secrétaire d'Etat. M. Francken a dit avoir donné au Premier ministre des éléments permettant au gouvernement d'expliquer la situation sur la base des informations sorties dans la presse. Le secrétaire d'Etat dit n'avoir appris que mercredi en fin de journée l'existence d'une nouvelle expulsion prévue pour le Soudan à la mi-janvier, vol qu'il a alors fait annuler après la diffusion des informations de presse. M. Francken a dit ne s'être plus entretenu entre-temps avec le Premier ministre et s'est donc gardé de communiquer au sujet du vol - entre-temps annulé - de la mi-janvier.

Jeudi après-midi, il qualifiait d'"absurdes" les déclarations du Premier ministre, faites mercredi soir à la RTBF, selon lesquelles un moratoire sur les expulsions vers le Soudan serait observé en janvier le temps que soit conclue l'enquête demandée au CGRA. A ce moment-là, Theo Francken assurait sur VTM qu'aucune expulsion vers le Soudan n'était de toute façon programmée en janvier. Entre-temps, le secrétaire d'Etat a confirmé vendredi soir qu'il s'était excusé auprès du Premier ministre avec qui il entretient une bonne collaboration.

M. Francken a également été accusé par l'opposition d'avoir menti en indiquant que les expulsions vers le Soudan s'exerçaient en collaboration avec l'ONU et l'Organisation internationale des Migrations (OIM), ce qu'ont démenti les deux institutions. Devant la commission de l'Intérieur, M. Francken a dit que sa politique était menée dans le cadre général des Nations-Unies, les personnes expulsées bénéficiant d'un document avec un numéro de téléphone d'un correspondant de l'OIM, organisation de l'ONU.

Francken revient sur ses déclarations sur l'absence de renvois planifiés en janvier

Au moins un migrant aurait encore dû en théorie être renvoyé vers le Soudan le mois prochain. Le secrétaire d'Etat Theo Francken (N-VA) n'a été mis au courant des rapatriements prévus que mercredi par son cabinet et a pris la décision d'annuler les vols, avant de déclarer le lendemain qu'aucun renvoi vers Khartoum n'était en fait planifié en janvier. Le secrétaire d'Etat voulait "éviter de créer un appel d'air", a expliqué vendredi son cabinet.

Interviewé par VTM, Theo Francken avait jugé jeudi qu'il était "absurde" d'insinuer qu'il n'y aurait plus de rapatriements de ressortissants soudanais jusqu'à la fin janvier - comme l'avait pourtant annoncé Charles Michel (MR) mercredi soir - car aucun n'était prévu.

"Il ne doit pas dire qu'il n'y aura plus de rapatriements jusqu'à la fin janvier car il n'y en a pas de planifié. Il n'y en avait pas non plus de prévu, donc c'est absurde", avait indiqué le secrétaire d'Etat, avant de revenir sur ses propos.

En fait, des vols étaient bien prévus au départ, mais M. Francken affirme ne l'avoir appris que mercredi dans le courant de la journée à l'occasion d'une réunion à son cabinet. "A ce moment, j'ai décidé d'annuler les vols dans l'attente d'une enquête", explique-t-il.

Le secrétaire d'Etat avait cependant décidé de "garder sa ligne de communication" et c'est pour cette raison qu'il a déclaré devant les caméras de VTM qu'aucun vol vers le Soudan n'aurait lieu et qu'aucun n'avait été prévu.

"Les rumeurs en matière de migration crée quasi toujours un appel d'air. Je ne voulais pas donner un mauvais signal en indiquant que les Soudanais ne seraient plus renvoyés", s'est justifié M. Francken.

Theo Francken n'est pas le seul à avoir affirmé qu'aucun rapatriement n'était prévu jusqu' à la fin janvier. Au parlement, le Premier ministre a également repris cette affirmation à son compte. "Il est exact qu'aucun rapatriement n'était programmé avant la fin du mois de janvier", a-t-il déclaré en séance plénière de la Chambre.

Le débat a rebondi vendredi alors que la Chambre votait la réforme de l'impôt des sociétés. Une conférence des présidents a été convoquée en urgence. Benoît Hellings (Ecolo) a épinglé un "deuxième mensonge en 24 heures" du secrétaire d'Etat après des déclarations sujettes à caution sur l'implication des Nations-Unies dans le rapatriement de ressortissants soudanais. Les écologistes avaient déjà écrit dans la matinée au président de la commission de l'Intérieur pour demander la mise sur pied d'une groupe de travail qui assurerait le suivi de l'enquête ordonnée par le gouvernement sur ces rapatriements.

Les premières invitations à démissionner commencent à fleurir. "S'il s'avère qu'il a menti, Theo Francken doit quitter le gouvernement", a lancé le président du PS, Elio Di Rupo, sur twitter.

"Si Charles Michel veut préserver la fonction qui est la sienne, il n'a pas d'autre choix que de présenter au Roi la révocation d'un secrétaire d'Etat qui méprise la démocratie", a lancé le président de DéFI, Olivier Maingain.

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