Francken revient sur ses déclarations sur l'absence de renvois planifiés en janvier

22/12/17 à 17:00 - Mise à jour à 17:50

Source: Belga

Au moins un migrant aurait encore dû en théorie être renvoyé vers le Soudan le mois prochain. Le secrétaire d'Etat Theo Francken (N-VA) n'a été mis au courant des rapatriements prévus que mercredi par son cabinet et a pris la décision d'annuler les vols, avant de déclarer le lendemain qu'aucun renvoi vers Khartoum n'était en fait planifié en janvier. Le secrétaire d'Etat voulait "éviter de créer un appel d'air", a expliqué vendredi son cabinet.

Francken revient sur ses déclarations sur l'absence de renvois planifiés en janvier

Theo Francken © BELGA/Benoît Doppagne

Interviewé par VTM, Theo Francken avait jugé jeudi qu'il était "absurde" d'insinuer qu'il n'y aurait plus de rapatriements de ressortissants soudanais jusqu'à la fin janvier - comme l'avait pourtant annoncé Charles Michel (MR) mercredi soir - car aucun n'était prévu.

"Il ne doit pas dire qu'il n'y aura plus de rapatriements jusqu'à la fin janvier car il n'y en a pas de planifié. Il n'y en avait pas non plus de prévu, donc c'est absurde", avait indiqué le secrétaire d'Etat, avant de revenir sur ses propos.

En fait, des vols étaient bien prévus au départ, mais M. Francken affirme ne l'avoir appris que mercredi dans le courant de la journée à l'occasion d'une réunion à son cabinet. "A ce moment, j'ai décidé d'annuler les vols dans l'attente d'une enquête", explique-t-il.

Le secrétaire d'Etat avait cependant décidé de "garder sa ligne de communication" et c'est pour cette raison qu'il a déclaré devant les caméras de VTM qu'aucun vol vers le Soudan n'aurait lieu et qu'aucun n'avait été prévu.

"Les rumeurs en matière de migration crée quasi toujours un appel d'air. Je ne voulais pas donner un mauvais signal en indiquant que les Soudanais ne seraient plus renvoyés", s'est justifié M. Francken.

Theo Francken n'est pas le seul à avoir affirmé qu'aucun rapatriement n'était prévu jusqu' à la fin janvier. Au parlement, le Premier ministre a également repris cette affirmation à son compte. "Il est exact qu'aucun rapatriement n'était programmé avant la fin du mois de janvier", a-t-il déclaré en séance plénière de la Chambre.

Le débat a rebondi vendredi alors que la Chambre votait la réforme de l'impôt des sociétés. Une conférence des présidents a été convoquée en urgence. Benoît Hellings (Ecolo) a épinglé un "deuxième mensonge en 24 heures" du secrétaire d'Etat après des déclarations sujettes à caution sur l'implication des Nations-Unies dans le rapatriement de ressortissants soudanais. Les écologistes avaient déjà écrit dans la matinée au président de la commission de l'Intérieur pour demander la mise sur pied d'une groupe de travail qui assurerait le suivi de l'enquête ordonnée par le gouvernement sur ces rapatriements.

Les premières invitations à démissionner commencent à fleurir. "S'il s'avère qu'il a menti, Theo Francken doit quitter le gouvernement", a lancé le président du PS, Elio Di Rupo, sur twitter.

"Si Charles Michel veut préserver la fonction qui est la sienne, il n'a pas d'autre choix que de présenter au Roi la révocation d'un secrétaire d'Etat qui méprise la démocratie", a lancé le président de DéFI, Olivier Maingain.

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