France: l'état d'urgence prolongé jusqu'à fin mai

16/02/16 à 22:01 - Mise à jour à 22:01

Source: Belga

(Belga) Le Parlement français a approuvé mardi, par un très large vote de l'Assemblée, la prolongation jusqu'à fin mai de l'état d'urgence en France, instauré après les attentats du 13 novembre, alors que le gouvernement prédit "d'autres attaques d'ampleur" en Europe.

France: l'état d'urgence prolongé jusqu'à fin mai

France: l'état d'urgence prolongé jusqu'à fin mai © BELGA

Une semaine après un vote massif du Sénat, les députés ont adopté par 212 voix contre 31 la prolongation jusqu'au 26 mai de ce régime d'exception mis en place après les attaques de Paris qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés. L'état d'urgence est soutenu par la majorité de la classe politique française, et quatre Français sur cinq étaient favorables à une nouvelle prolongation de trois mois, selon un récent sondage. Il est en revanche critiqué par le Conseil de l'Europe, qui a regretté des abus de la police, ainsi que par une partie du monde du droit et des associations, notamment la Ligue des droits de l'Homme. Ce régime d'exception permet notamment au ministre de l'Intérieur d'assigner à résidence toute personne dont le "comportement" est jugé comme "une menace pour la sécurité et l'ordre publics", et d'ordonner "des perquisitions à domicile de jour comme de nuit", sans implication de la justice. Depuis novembre, quelque 3.340 perquisitions administratives ont été menées et 578 armes saisies. Plus de 340 personnes ont été mises en garde à vue et 285 assignations à résidence sont toujours en vigueur. Depuis le début de l'année, 40 personnes ont été interpellées pour leur implication présumée dans des filières, pour des menaces ou apologie du terrorisme. Face aux critiques sur ce bilan modeste, le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a souligné mardi les avantages induits selon lui par l'état d'urgence. Les perquisitions "ont pour effet de désorganiser les réseaux qui arment et financent le terrorisme, en particulier à travers les trafics d'armes et de stupéfiants", a-t-il expliqué aux députés. "Les éléments collectés peuvent alimenter des dossiers de renseignement qui donneront lieu le cas échéant à judiciarisation plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard". Le Sénat avait déjà validé mardi dernier cette prolongation. (Belga)

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