France: deux ans avec sursis requis en appel contre l'ex-électricien de Picasso

31/10/16 à 22:29 - Mise à jour à 22:32

Source: Belga

(Belga) L'ex-électricien de Pablo Picasso a changé de version lundi à l'ouverture de son procès en appel en France pour expliquer comment il détenait 271 de ses oeuvres, affirmant cette fois qu'il s'agissait d'un don de sa veuve Jacqueline.

L'avocat général de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a requis contre Pierre Le Guennec et son épouse Danielle deux ans de prison avec sursis pour recel, la même peine que celle infligée au couple en 2015. Le jugement sera rendu le 16 décembre. L'accusation n'a pas cru à sa nouvelle version, pas plus qu'à la précédente, quand le couple avait affirmé avoir obtenu ces oeuvres contenues dans un carton des époux Picasso en 1971 ou 1972, donc avant la mort du peintre en 1973. Lundi M. Le Guennec, présenté par la cour comme "l'homme à tout faire" de Pablo et Jacqueline Picasso, a raconté la voix tremblante que "Madame Picasso Jacqueline avait des problèmes avec (le fils du peintre) Claude Picasso". Quelques mois après le décès de Picasso, "elle m'a demandé de bien vouloir mettre chez moi en réserve des sacs poubelle", qu'il chiffre entre 15 et 17. Plus tard, elle lui aurait demandé de les lui rendre, sauf un pour lequel elle aurait dit "gardez-le, c'est pour vous". "On peut se demander si ce qu'on nous a présenté comme vérité aujourd'hui n'est pas encore un mensonge", a déclaré le représentant de l'accusation Christophe Raffin, défendant la thèse d'"une soustraction à un Pablo Picasso vieillissant et à Jacqueline, plus que jamais focalisée sur son mari". Jean-Jacques Neuer, avocat de Claude Ruiz-Picasso - fils du peintre et seul représentant des parties civiles présent à l'audience - a dénoncé un "mensonge hallucinant", affirmant que cette affaire touchait aux "aspects les plus noirs et puissants du marché de l'art" et soutenant la thèse d'un "blanchiment international d'oeuvres volées". En première instance devant le tribunal de Grasse, l'électricien, qui avait travaillé pour Picasso entre 1970 et 1973, avait soutenu que les 271 oeuvres, qui datent de 1900 à 1932, empilées dans un carton durant quarante ans, étaient un cadeau offert en 1971 ou 1972 en remerciement de son dévouement. (Belga)

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